
Le
rôle du père et l'allaitement:
Le
rôle du père est de soutenir la maman
allaitante, moralement et physiquement. La maman allaitante
de jumeaux (ou plus) a d'autant plus besoin du soutien
de son compagnon, que son entourage, bien souvent,
se montrera sceptique quant à sa potentialité
à allaiter à 100 %. Et que dire: d'aider
à prendre de bonnes positions d'allaitement?
de soutenir moralement? d'encourager les visiteurs
à prendre le balai plutôt que vouloir
donner le biberon?
Enfin,
le contact paternel ne passe pas par le biberon. Une
petite partie du psycho-affectif passe effectivement
par l'alimentation, mais le père n'est pas
réductible à une bouteille de lait;
lui laissertrouversa paternité importe; câliner
est du psycho-affectif; participer à la diversication
à la cuillère aussi!
Introduction
J'ai vécu,
malheureusement, ce cas, où tous les membres
féminins de ma famille, qui n'avaient pas
allaité, en plus, se montraient sceptiques,
certes, mais aussi décourageants, à
la limite de l'incorrection. "Mais ils sont
tous aussi désagréables, dans ta famille,
ou quoi?" m'en a demandé, un jour, mon
mari. Allez répondre à cela....
Je n'ai pas
vraiment eu de réflexion du reste de mon
entourage, sur le plan amical, là. Une amie
m'a remis des documents édités en
Belgique, sur les nourrissons en général,
et qui mentionnaient quelques chapitres sur l'allaitement,
plus détaillés et assez "humains".
Il n'était nullement question d'allaitement
des jumeaux, mais je disposais ainsi d'une petite
littérature qui m'a paru plus "fouillée"
sur le plan de l'allaitement que la littérature
donnée en France. (Il faudra que je me renseigne
pour les autres pays, pardonnez-moi si je n'en parle
pas encore).
En fait,
mis à part cette amie, mon cas a été
plus ou moins éludé, car mes autres
amies, copines que je connaissais à ce moment-là
n'avaient pas allaité ; cependant, si elles
étaient indifférentes à mon
désir d'allaitement, elles n'étaient
pas décourageantes, c'était un sujet
qu'elles ignoraient sur tous les sens du terme.
C'est en allaitant, que j'ai rencontré des
mamans allaitantes (mais des mamans qui n'avaient
eu qu'un enfant à la fois). Et c'est par
la Webencyclopédie, et par un ouvrage de
la Leche League, que j'ai eu témoignage que
je n'étais pas un "dinosaure".
Pendant
la grossesse :
Chaque réflexion mettant en doute le potentiel
d'une maman à allaiter influe sur le moral,
et aussi, par effet psychosomatique, sur la mise
en place de la lactation. Je veux dire par là,
qu'une bonne lactation se prépare, par un
bon mental, (outre le fait de préparer, éventuellement,
ses mamelons-dossier Préparation
des seins), par une joie intérieure qui
est déjà là.
Le rôle
du papa, déjà pendant la grossesse,
est donc primordial.
Il est bien
entendu que la décision d'allaiter a été
prise à deux.
Quand vos bébés seront nés,le
papa devra être très présent également.
Vos premiers
"adversaires" seront sûrement le
personnel de la maternité.
Entre
ceux qui ne croient qu'au lait artificiel, parce
que c'est pratique, parce qu'on peut faire la tournée
de l'étage rapidement, parce que cela permet,
pour le personnel de garde la nuit, de faire sa
tournée, puis d'aller se reposer au lieu
d'aller aider à la mise au sein, parce que
les industriels du lait continuent à fournir
les maternités en stocks de lait artificiel
gratuitement bien qu'illégalement (notez
que certaines maternités refusent ces stocks,
refusent le complément artificiel pour le
bébé allaité, et refusent les
cadeaux naissance);
Ces "tours
de lait" sont désormais interdits
sur le plan législatif, un décret
est enfin applicable, qui ne fait que interdire
ce qui l'était déjà depuis
1989!
et entre
ceux qui professent des compléments protocolaires,
que les nourrissons aient de bons "dextro"
ou non, parce qu'ils pèsent moins de xx kg,
ou qu'ils prennent peu de poids les premiers jours,
il "faut" des compléments protocolaires.
Enfin, "allaiter
des jumeaux c'est impensable" même pour
le corps médical (Tout au moins pour ce que
j'en entends en France, qui me paraît être
un pays arriéré en matière
d'allaitement de manière générale).
Et quand ce n'est pas "impensable", "cela
prend trop de temps, faites donc du mixte".
Parmi toutes
les questions que ce comportement du corps médical
au sens large, génère, une question
me vient à l'esprit : comment peut-on "descendre"
l'allaitement, le lait maternel, alors qu'il fournit
des anti-corps, et prévient de nombreuses
maladies et affections infantiles.
J'ai eu une information
sur l'origine de certains de ces compléments
protocolaires dans le livre suivant:
"Toutes
les questions au pédiatre" du Dr Antoine
Galland chez Albin Michel réserve six pages
à l'allaitement (il s'agit d'une sorte
de guide médical qui suit l'enfant de la
naissance à l'adolescence):
"Il
est préférable de ne pas compléter
le sein par la prise d'un biberon. Des biberons
de complément de lait ou d'eau sucrée
sont donnés dans beaucoup de maternités.
Cette habitude ancienne qui repose sur la crainte
d'une hypoglycémie (chute du sucre sanguin),
est infondée."
Il
y a quelques points qui me gênent par contre
dans ce chapitre, c'est : le nettoyage des mamelons
avant la tétée (le mamelon perd
alors son odeur dont a besoin Bébé)
et la possibilité de donner un biberon
de lait artificiel si on sort un soir. Je trouve
que la maman peut aussi bien tirer son lait avant
de sortir, pour qu'un tiers le donne à
la tasse, à la cuillère, ou tout
autre dispositif différent de l'ensemble
biberon+tétine. Cette réflexion
n'engage que moi, néanmoins je sens le
besoin de le préciser.
A lecture
de ce livre, en début 2000, j'avais récemment
présenté mon soutien à des
futures mamans de jumeaux souhaitant allaiter; l'une
d'elle se montra "fort heureuse" de me
rencontrer car elle avait dit à son médecin
qu'elle allaiterait ses jumeaux, et le médecin
avait dit: oui, mais il vous faudra accepter
des compléments artificiels!!!!
Bravo, chapeau
à ce praticien qui semble deviner à
l'avance la quantité de lait des femmes!
c'est de l'humour noir, car on sait bien que le
lait industriel diminue et coupe la lactation, et
que c'est la mise au sein des pitchouns qui entraînera
la sécrétion idoine en qualité
et quantité! le croiriez-vous? les industriels
du substitut du lait maternel eux-mêmes disent
que le mixte est dangereux pour la lactation et
entraîne une baisse de la sécrétion
lactée!! mais c'est écrit en tout
tout petits caractères, et dans les magazines
pour médecins!
Papa:
votre rôle sera d'épauler la maman,
quand elle se sentira découragée,
car personne ne répond à ses coups
de sonnette (parfois parce que la seule sage-femme
allaitement est débordée ; parfois
parce que la seule sage-femme allaitement n'est
pas de garde pendant plusieurs jours, ou qu'elle
est malade, et que personne d'autre n'est assez
compétent) ; parce qu'une infirmière
vient la voir tous les jours pour lui demander si
elle a enfin du lait . "Quoi, toujours rien
? Mais vous n'aurez rien, là c'est trop tard...."
; parce que le personnel dira, répètera
: mais faites du mixte, vous y perdrez moins de
temps....
Le sceptiscisme de votre entourage
amical, familial est tout aussi dévalorisant
et minant pour la maman allaitante.
"Grâce"
à cette génération "lait
industriel", post deuxième guerre mondiale
et bien après encore, une voire deux générations
d'enfants n'ont pas été allaitées.
Comment trouver la compréhension de notre
envie d'allaiter ? Comment trouver la compréhension
de renouveler ce geste universel, naturel, instinctif,
qui remonte à l'origine de notre existence
(sous notre forme actuelle ou juste avant).
Devais-je
me retenir de montrer mon amour en nourrissant mes
bambins? Devais-je leur refuser une alimentation
des meilleures, car la plus équilibrée,
répondant exactement à leurs besoins?
Devais-je priver mes bambins de moments privilégiés,
où je les câline, où je les
nourris et les couvre de bisous, de petits mots
doux ? Devais-je me retenir de tisser des liens
aussi forts que ceux qui nous lient tous les quatre
?
Parce que
certaines personnes étaient sceptiques, "snobs"
? parce que cette génération refuse
de comprendre ce geste qu'est l'allaitement, et
tout ce que cela signifie, et tout ce que cela apporte?
Jusqu'au moment où ces personnes ont l'occasion
d'assister à une tétée, par
hasard, qu'elles voient un bébé ou
un bambin caresser mes cheveux, pendant la tétée,
et ces personnes de s'extasier devant ce geste.....tout
naturel, tout inné, tout renouvelé....
Non monsieur le papa, votre
compagne n'aura pas toujours la chance d'avoir de
la famille compréhensive, voire conseillère.
Un jour
peut-être, votre compagne recevra une visite
ou un appel téléphonique perturbant.
Et puis toute la journée qui suit, voire
le lendemain, chaque fois que l'un des bébés
ou bambins pleurera, elle se dira : ça y
est, je n'ai pas assez de lait. Et puis cela va
la tracasser, la miner, la fatiguer.....
C'est à
vous de guetter ces moments-là,pour les raccourcir
au plus vite, de votre amour, de votre enthousiasme,
et de votre confiance en vous tous.
Demandez
donc à mon mari, les fois où je l'appelais
sur son portable....Nous avons eu une note téléphonique
assez salée, mais après coup, justement,
cela valait le coup. Et puis, maintenant, mes bambins
ont eu treize mois le 24 octobre, ils sont toujours
allaités, à tous les repas (à
quatre heures ils ont un fruit en plus, et le soir,
leur alimentation est diversifiée avec tétée)
et la confiance en moi est là. La confiance
en nous tous, et la confiance surtout qui me permettra
désormais de remettre les gens en place,
et non plus doucement leur répondre que oui,
ils ont peut-être raison.
A 22
mois à fin juillet 99, les enfants ont
délaissé la tétée
exclusive du matin, passant au jus d'orange, et
CACAO au VERRE, et les 2 autres mini-tétées
qui complétaient les repas, j'étais
enceinte de Florian et le fait est que les enfants
ne stimulèrent plus le lait- nous entrions
dans un début de processus de sevrage
naturel.
J'ai
eu l'occasion de rencontrer des mamans allaitantes
(toutes n'avaient
eu qu'un enfant la fois). Nous étions vingt
environ, et nous n'étions que trois à
n'avoir pas été allaitées.
Il est vrai que avoir été allaitée
signifie compréhension de sa propre mère,
voire aide, soutien, conseils.
Si ces 17
femmes âgées de 20 à 40 ans
environ (c'est du moins ce qui m'a paru) avaient
été allaitées, cela ne veut
pas dire que la majorité de leurs consoeurs
l'a été. Bien au contraire, les femmes
de cette tranche d'âge sont une partie de
la génération "lait industriel".
Rencontrer une telle "concentration" de
mamans allaitantes était normal car il s'agissait
d'une réunion de mamans allaitantes!!
Votre rôle sera de partager
la tétée :
pourquoi
ne pas câliner l'un des bébés,
tandis que l'autre est allaité?
pourquoi
ne pas changer un des bébés ?
pourquoi
ne pas changer puis câliner un des bébés?
je ne voudrais pas qu'on croit que je relègue
le papa aux couches uniquement!
pourquoi
ne pas donner la becquée à votre compagne,
qui a peut-être envie d'un carré de
chocolat, ou d'un morceau de fromage, ou d'un quartier
de fruit ?
pourquoi
ne pas prendre un des bébés et votre
compagne qui allaite l'autre bébé
dans vos bras, couvrir tout votre monde de bisous?
C'est un des moyens qu'a Nicolas de partager nos
tétées! Mon mari partage nos tétées
en y assistant, en nous embrassant, ou en s'occupant
du bébé qui ne tète pas. Une
bonne partie de chatouilles, de bisous sur le ventre....
Je peux vous
assurer du plaisir que j'ai d'entendre ces petits
rires, cette complicité bébés-papa,
le plaisir de cette complicité tous les quatre.
Si je vous
disais que lorsque nous prenons Alexandre pour une
tétée nocturne, quand Alexandre quitte
mon sein, il se cambre, se retourne, et va se blottir
contre son père assez souvent....Maximilien,
cela dépend des jours, tandis que pour Alexandre,
c'est quasiment à chaque fois.
Et les nuits, justement, parlons-en:
un premier bébé s'éveille,
le papa peut se lever, faire le change (dans une
semi-pénombre, cela est important pour que
Bébé voit qu'il y a des périodes
de lumière et d'autres de pénombres,
première étape vers le jour et la
nuit), puis apporter Bébé à
la maman, qui allaite allongée dans le lit!
Croyez-moi,
c'est moins fatigant d'allaiter allongée
au lit que d'aller donner un biberon...au moins
on peut se rendormir, même avec Bébé
au sein;
Souvent,
le petit frère ou la petite soeur s'éveille
pendant la tétée du premier réveillé;
le rôle du papa est alors de câliner
et faire patienter Bébé, et là,
je proposerais: toujours dans le lit parental. Mon
conseil sera alors que papa et maman s'installent
de façon que les bébés soient
au milieu; c'est la meilleure des sécurités
"morales" qu'on puisse avoir, "au
cas où on se rendormirait" tous ensemble.
Ne vous inquiétez pas de cette proximité,
elle peut n'être que temporaire,
c'est à vous parents, de décider.
Parfois,
les deux bébés se réveillent
en même temps...Vous avez le choix, alors,
soit que l'un soit allaité et l'autre câliné
par le papa (mais alors, si la situation se répète,
je préfère évoquer ce point)
alternez le premier mise au sein, que ce ne soit
pas toujours le même (la même). L'autre
possibilité est d'allaiter simultanément.
C'est-à-dire installer chaque bébé
à un sein; cela signifie de bien vous installer
dans le lit, assise, câlée dans les
oreillers. Je n'ai jamais été très
"pour" l'allaitement simultané,
il m'est arrivé d'y faire appel parfois depuis
les 10 mois des enfants, mais pas trop souvent;
on se partage déjà beaucoup, faut-il
en plus, partager les tétées?
On peut sans
trop de souci décider d'une tétée
simultanée par exemple lors d' "urgences"
( et je considère que les réveils
nocturnes simultanés peuvent en être),
ou bien quand on a déjà plusieurs
enfants aînés à charge (il y
a des jumeaux qui naissent en 3e, 4e position....);
c'est très personnel, et ne doit être
jugé. On ne peut que mentionner sa propre
expérience et laisser autrui décider.
Voir éventuellement
le dossier des Positions avec schémas et photos de mises au sein, dont
simultanées.
N'oubliez pas la diversification
Arrivera
bien vite le moment d'introduire des aliments solides:
jusqu'à leurs six à neuf mois, vos
bébés peuvent être exclusivement
allaités au sein. Ensuite, il vous appartient
d'introduire un goûter, un dîner, un
déjeûner. Un dossier a commencé
d'être créé concernant ce sujet,
mais vous pouvez me contacter directement si vous
vous sentez désormais concernés.
Le papa
va pouvoir aider, donner la cuillère
si vous optez pour donner la cuillère, ou
donner un coup de main (et de gant de toilette)
si vous optez pour laisser vos bébés
se servir tout seuls. Confère
la diversification
Q - et si mon mari voulait donner un biberon.
R - Qui a
dit que l'amour se prouve en donnant à manger?
La nourriture paternelle peut être parfaitement
spirituelle. L'amour paternel ne passe pas par la
nourriture, et donner un biberon .... c'est risquer
de compromettre la lactation de votre compagne.
Gardez en mémoire le fait que, un sein sollicité
est un sein qui produit du lait. C'est le principe
de l'offre et de la demande, illustré dans
Une bonne mise en place
de la lactation commence par ... Les 6 principes
d'or
Enfin, surtout, pas de biberon !!!mais
un autre dispositif
L'autre
problème illustré ici, est la confusion
sein/tétine.
Il ne faut pas donner de biberon+tétine.
Une maman
m'a demandé récemment: mais si je
dois m'absenter un soir? je lui avais proposé
le système suivant: si le papa souhaite vraiment
nourrir une fois de temps à autre ses enfants,
alors:
que la maman
tire son lait, un peu avant par exemple ; et
que le lait soit donné à la tasse,
au coquetier, à la seringue, à la
cuillère ou tout autre dispositif dès
le moment qu'il ne s'agit pas du "biberon+tétine".
Consultez le cas échéant le descriptif produit sur le dispositif Soft-Cup.
Je dirais
ici, que mon avis personnel est que le père
n'a pas besoin de la nourriture pour exprimer son
amour, mais que tant qu'à souhaiter nourrir
ses bébés, autant le faire au mieux,
et sans tétine.
Enfin, la diversification pouvant commencer à
6 ou 9 mois, si l'allaitement maternel est poursuivi
jusque là, le papa verra son rôle de
père nourricier prendre toute sa signification.
Et six, neuf mois, cela passe vite. Très
vite.....
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