ATTENTION, ce qui suit ne DOIT PAS ETRE COMPRIS COMME UNE INCITATION OU UNE AUTORISATION A FUMER.
Le tabac est, comme l'alcool, une
substance nocive, pour quiconque en inhale la fumée,
directement ou non d'ailleurs, homme, femme, enceinte ou non, allaitant ou non.
Mais faut-il alors se priver de
tout? ne risque-t-on pas
de dégoûter les femmes de l'allaitement, en leur disant qu'il ne
faut pas boire ou fumer? et encore moins ni boire ni fumer? (dans le domaine du raisonnable, bien sûr!!)
Disons déjà que la femme
qui allaite doit avoir un comportement sensiblement identique à celui
qu'elle avait lorsqu'elle était enceinte.
Celle qui a fait l'effort de ne pas
fumer de toute sa grossesse peut être encouragée à ne pas reprendre
la cigarette-j'étais moi-même une très grosse fumeuse, et
je fais partie des rares à avoir cessé de fumer spontanément
et sans difficultés en tout début de grossesse; à la naissance
des enfants, j'ai à peine eu le temps de m'interroger, je voyais mes
journées très courtes à m'occuper des bébés,
alors avais-je le temps de prendre le temps de fumer une cigarette-puis de me
laver les mains pour qu'elles ne sentent pas la nicotine? Je me rappelais aussi, plusieurs années avant d'avoir moi-même des enfants, que j'avais brûlé (légèrement) avec ma propre cigarette,
la main d'une cousine alors âgée de 8 ans, en jouant....
Finalement,
la cigarette ne m'a plus jamais tentée, tant que j'ai été enceinte et/ou allaitante! Par contre, je dois avouer dans la mise à jour de cette page, qu'une fois que Florian, mon troisième et dernier enfant, se sevra de mon lait, et bien j'ai ressenti des petites idées "ah je m'en serais bien grillé une" idem "tiens, je me reboirais bien une petite tasse de café"; Au cours de l'été 2003 Florian tétait encore un peu, il était alors âgé de 3 ans et demi, mais je n'avais plus de lait, il faut avouer que Florian se nourrissait dans son assiette:-) , mon mari était parti faire sa longue période d'essai en Auvergne alors que nous étions restés dans le Gard; j'avais 3 enfants à gérer, la maison, le déménagement qui allait se préparer, il a suffit de quelques anicroches pour que je reprenne la cigarette, bien moins de cigarettes qu'avant ma première grossesse mais j'avais repris. Et je vais vous faire rire, mais mon mari n'a jamais voulu de quatrième enfant; et je n'allais pas insister dans le seul but d'arrêter à nouveau la cloppe:-)
Redevenons plus sérieuse:
Celle qui a fait l'effort de réduire
sa consommation de tabac, durant sa grossesse,
mais qui ne l'a pas supprimé afin ne pas devenir
exécrable, nerveuse, celle-ci d'entre vou peut rester sur sa lignée: mieux vaut quelques
cigarettes par jour, et rester calme, que cesser la cigarette et devenir "imbuvable" (ou pire, il existe tellement d'adjectifs).
Celle qui a continué de fumer, durant sa grossesse
a intoxiqué ses bébés qui ont souffert d'un véritable tabagisme plein pot, le tout passant par le cordon ombilical. Les bébés qui sont dans le ventre d'une future mère fumeuse, risquent de naître avec un petit poids de naissance, mais SURTOUT, ces futurs bébé ont de très grands risques de problèmes de santé, ils sont à risques d'ENORMES D'INFECTIONS RESPIRATOIRES. La future mère qui fume intoxique ses futurs bébés plein pot. Et aucun lait infantile en poudre ou en brique, ne protège les bébés contre les maladies ou les allergies; aucun lait infantile qui soit, même si les slogans de marques de laits infantiles sont de plus en plus agressifs et prometteurs "XX protège les bébés qui n'ont pas été allaité", c'est FAUX. Donc les futurs bébés qui ont subi le tabagisme de leur mère durant leur gestation, vont subir le tabagisme de leur mère une fois nés. Et s'ils sont nourris au lait infantile, ils seront ENCLINS A DE GRANDS RISQUES D'INFECTIONS RESPIRATOIRES entre autres, et ils n'auront pas de défenses naturelles.
Par contre, le lait maternel contient des agents anti-infectieux, qui vont
- optimiser le système immunitaire de vos enfants, (le lait maternel ne fait pas que transmettre des choses, le lait maternel optimise le système immunitaire )
- aider à lutter contre les agents pathogènes
- diminuer le risque de tomber malade,
- limiter les effets de la pathologie s'ils tombent malade;
Dans l'idéal: ne pas fumer durant la grossesse, et ne pas fumer durant l'allaitement.
Dans l'idéal-deux, fumer relativement peu et avec de BONS CONSEILS, et allaiter;
Alors, tabac et allaitement,
compatibles ou non?
Loin de moi l'idée de dire: oui.
Si la cigarette vous "soulage", vous "aide" à vivre sans gâcher la vie de votre entourage , alors fumez
MAIS modérément-quelques cigarettes par jour, faites-en un plaisir,
une détente, une cigarette après chaque repas par exemple. Car
je ne vois pas l'intérêt qu'une mère soit énervée
et invivable du fait de ne plus rien fumer, alors que 5 cigarettes quotidiennes
avec les bons conseils, l'aideraient à se détendre tout en autorisant l'allaitement au sein; je ne vois pas non plus d'intérêt qu'une mère
cesse l'allaitement dans l'unique but de reprendre la cigarette-alors qu'elle
peut en fumer disons 5.
Vous avez lu que j'évoque "5" cigarettes par jour. Il faut savoir qu'une étude a été réalisée sur l'impact de la cigarette d' une femme allaitante sur son enfant. Les bénéfices santé du lait maternel restent des bénéfices supérieurs pour la santé du bébé allaité, pour une mère allaitante fumant 5 cigarettes par jour (+ quelques conseils). Il n'existe pas à ma connaissance, d'étude IDENTIQUE sur une consommation supérieure.
L'étude, faite en Norvège parmi les enfants de mères
tabagiques, ce fut une-étude des plus faciles à
réaliser, car ce pays a un taux de bébés allaités
très élevé. Il y était étudié le lien
entre allaitement, tabagie de la mère et infections respiratoires. Et
bien il vaut mieux allaiter longtemps en fumant que allaiter peu en fumant;
quand on fume, un allaitement exclusif puis prolongé protège mieux
l'enfant que si on le sèvre précocément.
- ".. l'analyse des résultats montrait
que la prévalence des pathologies respiratoires était nettement
plus élevée lorsque l'enfant était allaité moins
de 6 mois (rapport: 1.7).
- Nota: prévalence: "pourcentage de" ; pathologie: maladie
- Par rapport à ce qui était observé
chez les enfants ayant bénéficié d'un allaitement long
par une mère non tabagique,
- la prévalence des maladies respiratoires
infantiles était la plus élevée chez les mères tabagiques
ayant allaité moins de 6 mois (rapport 2.2)
- elle était plus basse chez les enfants
allaités moins de 6 mois par une mère non tabagique (rapport 1.3)
- elle était encore plus basse chez les enfants
allaités pendant plus de 6 mois par une mère tabagique (rapport
1.1)
- (Breastfeeding, maternal smoking and lower respiratory
tract infections-P Nafstad, JJK Jaakkola, JA Hagen, G Botten and J Kongerud
J Eur Respir 1996-parution Dossiers de l'allaitement janv-fév-mars 99)
- Il y a eu d'autres études; l'une évoquait le syndrome de la mort subite du nourrisson (SMNS). Les nourrissons allaités par une mère fumeuse, ont un taux de SMSN équivalent à celui des enfants nourris de lait infantile, d'une mère non fumeuse;
Rappelons quand même que le tabac
peut avoir un impact d'une part sur la santé de la mère, mais
aussi de l'enfant; prudence donc, modération surtout.
Quelques conseils et vous verrez que tous ne sont pas dédiés à l'allaitement au sein
Si vous continuez de fumer après la naissance de vos enfants, il faudra:
- ne plus fumer (?!)
- profiter des hormones de détente procurées par les mises au sein (on est + cool quand on allaite)
- Ne jamais fumer dans une pièce fermée
- Ne jamais même fumer en intérieur avec la fenêtre grande ouverte, ça vaut pour la voiture
- fumer DEHORS! (jardin, balcon porte refermée, bien sûr, bébés en sécurité, pas se promenant dans la maison)
- Ne pas embrasser de bébés après une cigarette; un chewing-gum n'est pas suffisant pour éliminer les vapeurs toxiques de votre salive;
- Ne pas fumer pendant une tétée
- Ne pas fumer avant une tétée
- Préférer fumer après une tétée,
- Préférer fumer après une tétée, quand on est à peu près sûre que les bébés ne vont pas réclamer trop tôt
- SURVEILLER LES BEBES
- Tout état léthargique......
- Tout souci (même petit) de prise de poids (ou plutôt une insuffisance de prise de poids)
- Car l'on peut agir, en fumant, sur la bonne éjection du lait maternel si l'on fume avant une tétée,
- car l'on peut agir sur le volume de lait produit!
- Car l'on peut agir sur les graisses du lait maternel
- La nicotine passerait assez faiblement, mais elle s'élimine bien plus lentement sur un nourrisson que sur un adulte
Quelques mises en garde quand même:
- Souvent le nombre de cigarettes consommées est inversement proportionnel à la durée de l'allaitement; plus on fume, moins on allaite longtemps (quand on allaite); moins on fume, plus on allaite longtemps.
- Si on a pu s'arrêter de fumer durant sa grossesse, on devrait pouvoir continuer de ne pas fumer
- Les futurs bébés qui naissent d'une future mère fumeuse, ont un plus petit poids de naissance et cela est vrai pour tous, qu'ils soient par la suite allaités au sein ou non; je me rappelle lorsque j'étais adolescente, une très bonne amie m'avait rapporté que sa cousine (si si c'est vrai!!) avait opté pour continuer de fumer durant sa grossesse, comme ça son bébé serait plus petit et il serait plus facile à accoucher. A l'époque, j'avais été inconsciemment choquée; après avoir "un peu vécu" et "un peu étudié", je suis sidérée de cette pensée; ce n'était pas possible, elle n 'était pas sérieuse?
- Le tabagisme maternel entraîne une croissance moindre; les bébés allaités de mères fumeuses prennent moins de poids qu'ils ne pourraient/devraient.
- Les bébés de mère fumeuse (allaités ou non) auront besoin de plus de traitements antibiotiques;
- On a noté une relation positive entre: mère fumeuse et coliques du nourrisson (mais attention: les coliques ne sont pas toutes forcément liées au tabagisme de la mère).
- La nicotine de la future mère fumeuse, a des impacts sur le système nerveux central, pas moins, sur les ganglions sympathiques et parasympathiques supérieurs, elle stimule puis déprime (c'est pourquoi entre autres, on en rallume une);
- Le nourrisson peut devenir énervé, apathique, insomniaque.... (allaité ou non!) on peut trouver aussi des vomissements spasmodiques, de la diarrhée
- Il semblerait qu'il y ait + de risques de syndrome de mort subite du nourrisson dès lors que la mère fume (ou qu'il y ait un tabagisme passif avec la mère ne fumant pas et le père fumant)
- La nicotine interfère avec le réflexe d'éjection du lait, notamment si on a fumé avant une tétée
- Le tabagisme est associé à des volumes de lait plus faibles, à une production de lait plus basse
- Une femme fumant 10 à 20 cigarettes par jour, aura 0.4 à 0.5 mg de nicoltine par litre de lait; ça équivaudrait à 6 à 7.5 mg de nicotine chez un adulte; or chez l'adulte, une dose de 4 mg produit des symptômes, et la dose mortelle de nicotine se situe entre 40 et 60 mg chez l'adulte.
- Bref, pour une femme fumant 10 à 20 cigaretes par jour, qui aura 0.4 à 0.5 mg de nicotine par litre de lait, ça dépasse une dose de nicotine provoquant des symptômes chez l'adulte.
- La demi-vie de la nicotine dans le lait des femmes fumeuses, est de 95 minutes. S'il y a par exemple 1 mg de nicotine dans le lait d'une mère, il faudra 95 minutes pour qu'il reste 0.5 mg de nicotine dans le lait, il faudra encre 95 minutes pour qu'il reste 0.25 mg etc....
- Ne croyez pas que l'enfant "métabolise" la nicotine à la même vitesse que vous (on retrouve le même "problème" avec l'alcool, le café).
- Et manque de pot, alors que pour beaucoup de substances, on "en" a autant dans le lait des seins que dans le sang (de la mère), et que au fur et à mesure que le taux dans le sang de la mère diminue, le taux dans le lait de seins de la mère diminue, là pas de chance, on a + de nicotine dans le lait (des seins de la mère) que dans le sang (de la mère);
"conclusion"?
Rappelons que le tabac
peut avoir un impact d'une part sur la santé de la mère, mais
aussi (surtout!) sur la santé de l'enfant, et ce: que l'enfant soit nourri au lait maternel ou bien au lait infantile; une consommation raisonnable et aux bons moments, autoriserait l'allaitement, les bénéfices santé du lait maternel annulant l'impact négatif du tabagisme de la mère;
Prudence donc, modération surtout.
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