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Grossesse et allaitement
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une époque où la majorité des enfants
reçoit des biberons de lait industriel, dont les doses de lait et le poids
de l'eau sont quantifiés par nécessité chimique et alimentaire, on a tendance
à considérer le sein comme un récipient dont le contenu serait pré-déterminé,
qui sécrèterait un poids ou un volume de lait bien précis, qui ne pourrait pas dépasser tel volume de lait par jour, sein qui ne pourrait être vidé que toutes les trois heures, volume qu'on connaîtrait
en pesant le sein avant et après la tétée, ou plus facilement, en pesant
le bébé avant et après la tétée.
C'est confondre produit naturel contre industriel.
C'est confondre Nature avec un grand "N" et essence humaine, contre laboratoire
de chimie.
Pendant la grossesse, l'arbre mammaire évolue, se transforme. Explication très schématique et très résumée:
Cela commence dès le moment où les petites cellules embryonnaires (qui
vont devenir vos Bébés) vont se nicher dans l'utérus (ce qui explique
que certaines femmes se savent enceintes alors qu'elles n'ont pas encore
de retard).
Une autre période notable de la modification de l'arbre mammaire, c'est
vers la 12e semaine de grossesse; augmentation en nombre et en taille des cellules;
les veines se multiplient, et la peau laisse transparaître la nouvelle
vascularisation du sein; l'aréole se modifie, brunit, et s'épaissit.
La poitrine est prête à sécréter du lait (je me permettrais pour la femme qui alaite et qui devient enceinte alors qu'elle allaite, de vous
rappeler que cette femme verra son arbre mammaire se renouveler, graduellement,
tout en continuant à allaiter ses aînés, c'est ce qui s'est produit
pour moi, nourrissant Alexandre et Maximilien tout en attendant mon petit
troisième).
Ce qui retient la mise en route de la sécrétion du lait, : ce sont les hormones du placenta, vos bouts de
chou disent au corps: "Ecoute, non, ce n'est pas le moment de donner
le lait, on te dira quand il faudra commencer", c'est à dire quand on
sera nés (techniquement, quand le placenta ou les placentas auront été expulsés).
(Pour la femme enceinte ET qui allaite, sous l'impact des hormones de la grossesse, le lait se modifiera pour redevenir du colostrum).
Le 3e trimestre voit également les seins continuer leur modification,
leur préparation à l'allaitement, dans sa vascularisation encore accrue.
A expulsion du placenta, et donc à la disparition de la progestérone
placentaire qui était sécrétée par le placenta, (par vos enfants), une
hormone, la prolactine, est sécrétée dans son rôle lactationnel. C'est un pic hormonal IMMENSE, qui peut être à l'origine de certaines sensibilités au mamelon en début de tétées, les tout premiers jours; il y a en fait tout un mouvement hormonal, il n'y a pas que la prolactine qui soit en jeu, mais ceci est un résumé très schématique.
Les vaisseaux sanguins se multiplient, se dilatent, pouvant occasionner
des seins plus ou moins douloureux (c'est cela qui peut provoquer une
"montée de lait" douloureuse, ce n'est pas le lait, ce ne sont pas les
acini qui font mal, c'est cette soudaine vascularisation accrue, durant
les premiers jours post-partum qui peut être douloureuse).
Il faut cependant savoir une chose: quelque soit la prise de volume,
les constituants du sein: canal, acini, tissu glandulaire, sont identiques
chez chacune. Attention, pas le même volume de glande, il y a des femmes qui auront une masse glandulaire plus petite que d'autres femmes..... telles femmes qui ont des seins "petits" donneront le sein + souvent, et en fin de journée, auront sécrété autant de lait que celles qui ont des seins au volume glandulaire plus large. Le tissu graisseux quant à lui, qui forme une plus ou
moins large masse du sein, n'a aucune signification sur la quantité
de lait qui sera sécrétée par la mère. Par contre la masse graisseuse aura eu de l'importance durant la grossesse....
CONSÉQUENCE
Le volume des seins avant, pendant la grossesse, après l'accouchement,
na rien à voir avec la quantité sécrétée de lait.
Une femme aux petits seins peut sécréter bien suffisamment de lait pour
des jumeaux ou des triplés; une femme aux seins forts ne sera pas considérée
comme meilleure femme allaitante si elle ne suit pas les principes pour
établir une bonne lactation et si la glande s'est mal développée.
Les premiers jours,
les bouleversements hormonaux sont la chute de la progestérone placentaire notamment, mais aussi d'autres "mouvements" hormonaux..
Ceci induit en conséquence la sécrétion de la prolactine qui va engendrer
la sécrétion du colostrum, puis c'est par un biais hormonal que le colostrum deviendra du lait. D'ailleurs une femme qui n'allaiterait pas du tout, aurait du colostrum qui deviendrait du lait "tout seul", c'est-à-dire en fait, via un impact hormonal.
Ces bouleversements entraînent également une longue vascularisation
des seins qui gonflent et dont on voit en transparence, les veines.
Cycle hormonal:
L'ordre est enfin donner de lancer la lactation, grâce à la chute de
progesterone placentaire et donc sécretion de la prolactine.
Pendant quelques jours, un liquide extra nourrissant et plein d'anticorps
va s'écouler: le colostrum qui sera "remplacé" par le lait.
Le lait peut "monter" dans les trois premiers jours mais aussi le quatrième,
le cinquième... c'est variable d'une femme à l'autre, mais c'est une question d'hormones......... ce sont les quantités, qui vont varier d'une femme à l'autre selon que la mère donne le sein exclusivement ou donne des
biberons de lait (ce qui peut entraver la lactation dans le sens volumes de lait et mises au sein). Le colostrum passe au lait chez toutes les femmes, qu'elles allaitent ou non; les volumes de lait ont lieu chez celles dont les bébés tètent souvent et correctement.
Vos bébés séparément, ou simultanément, vont prendre le mamelon et une partie de l'aréole en bouche,
c'est la tétée.
L'action mécanique de leur langue, de leurs mâchoires, va permettre
l'éjection d'un premier flux.... puis une phase où le lait ne coule plus mais où on impulse le fait que l'enfant attend l'éjection du flux de lait suivant, flux qui est déjà dans les seins, mais qui par la nature pulsatile de l'ocytocine, ne coule pas comme du lait qui coulerait de manière continue d'une bouteille ou d'un biberon.
Et oui, quand votre bébé arrive au sein, le lait est déjà fabriqué; il n'y a pas de petit apéro planqué dans des sinus (qui n'existent pas en fait) en attendant que la succion déclenche la fabrication de plein de lait; c'est l'inverse, la succion déclenche l'éjection de lait déjà fabriqué, lait qui sera éjecté en pulses, donc en un, deux, voire trois flux..... bon, comme les seins sont ultra sophistiqués, ils seront capables de fabriquer encore du lait pendant la tétée; mais le lait est grand majoritairement fabriqué AVANT la tétée.
Le sein étant vidé, il y reste relativement peu de lait; il va y avoir donc une information locale, qui fera que le sein se re-remplira plus ou moins en terme de volume.
Quant à l'éjection, le cerveau recevant une information nerveuse (bébé au sein, ou doigt posé sur le mamelon par exemple) ou bien une information psychoaffective (bébé qui pleure par exemple), l'ocytocine fabriquée dans l'hypothalamus et stockée dans une zone de l'hypophyse sera relâchée dans la circulation sanguine, transitera vers les seins, vers les sites récepteurs qui capteront l'ocytocine, et transmettront l'ordre d'éjection.
Plus le sein est vidé, plus le sein en refabrique;
Moins le sein est vidé, moins le sein en refabrique;
De plus, plus les tétées sont fréquentes, et plus le lait est fabriqué rapidement; plus les tétées sont espacées, et plus le lait est fabriqué lentement.
Plus le sein est vidé rapidement, et plus le lait est fabriqué rapidement.
Enfin aussi: plus le sein est vide / vidé souvent, et plus le lait est gras;
L'hypothalamus est une zone du domaine de l'inconscient. Qui régit
ce que notre corps fait, sans que nous, conscients, n'ayons à en donner
l'ordre consciemment. Ce domaine inconscient de la machinerie humaine
se dévoile parfaitement lors des tétées où la mère s'est endormie: bébé
au sein, maman dormant, et donnant la tétée nourricière en même temps.
Les deux hormones transitent de l'hypophyse aux seins via le système
circulatoire. Cela explique l'allaitement simultané: un bébé à chaque
sein, recevant chacun du lait, puisque les hormones transitent aux deux
seins via les veines. Ceci explique l'allaitement d'un bébé à la fois,
ET un réflexe d'éjection au sein qui n'est pas tété.
Ces récepteurs ne sont pas les seuls éléments extérieurs du sein à avoir
une action: il existe, mais dans un autre genre, ce qu'on appelle les
tubercules de Montgomery, ce sont des glandes odoriférantes. L'humain,
tout autant que l'animal, réagit aux hormones et aux odeurs, on parle
beaucoup des phérormones comme messagers, messages d'un être d'une espèce
à un autre être. Ces glandes sont à mon sens un des témoins du chemin
que parcourront les bébés une fois sortis du corps de la mère; guidés
vers le mamelon, les nouveaux-nés rampent, plus ou moins aidés par les
bras maternels ou paternels, jusqu'au sein nourricier. Il faut savoir
que ces glandes, ces tubercules, émettent une forte odeur, sur laquelle
les bébés ne se trompent pas! C'est ici que cela se passe....
conséquence:
Une femme peut donc sécréter autant de lait qu'il sera demandé par
ses jumeaux, par ses triplés. On pourrait imaginer plus, si une certaine
réalité temporelle ne s'imposait à nous, et surtout ne s'imposait à
une mère de quadruplés; c'est vraiment le temps qui pourrait empêcher
l'allaitement de quadruplés, car le côté quantitatif lui, ne poserait
pas de problème. Il existe d'ailleurs quelques témoignages d'allaitements réussis (exclusifs) de quadruplés;
Par contre il importe de donner le sein, rien que le sein,à un enfant efficace qui draine correctement votre sein; il importe de ne pas attendre pour vous faire aider par des personnes qui soient compétentes.
Note importante:
Vos bébés peuvent parfaitement rester longtemps au sein, même en étant
rassasiés. Tout simplement, ils sont bien au sein, et désirent y rester.
De la même manière que ces bébés peuvent rester 30 mn au sein, il y
a des voraces qui veulent se satisfaire l'estomac, prennent en 7 mn,
puis passent à autre chose, sommeil, jeu, éveil, câlin-bras....
Quelque soit le cas, n'en déduisez jamais rien de négatif, ni la maman,
ni le papa, ne vous remettez pas en question.
Si le besoin de succion devenait difficile à gérer,
je propose aux papas de participer activement en faisant téter leur
petit doigt propre, ongle vers le bas pulpe vers le haut: les enfants
adorent, le papa adore, la maman est soulagée, et surtout l'enfant n'est
pas perturbé par la succion (différente d'une tétine).
Petit truc perso:
Pendant des mois, les enfants étaient décalés; le décalage a varié,
mais je pouvais largement donner le sein à l'un jusqu'au réveil de son
frère.
Parfois, le premier jouait les prolongations, la tétée-lait devenait
tétée-câlin. Mais au réveil du frère, comme il fallait bien rompre la
tétée.....
J'avais noté que lors de certaines fins de tétées, qu'il avait fallu
rompre, les enfants râlaient, reprenaient le sein l'espace de deux minutes:
tétée-flux-tétée-arrêt de la tétée.
j'ai vite mis au point ce petit refrain:
"mon Bébé, c'est bientôt la fin de la tétée, il faut prendre une dernière
giclée".
Alors Bébé demandait un flux, vidait le sein, puis "décrochait", me
laissant la possibilité d'aller chercher son frère qui venait de se
réveiller.....
Edition 2000-
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