| "L'abandon de l'allaitement
maternel par notre Société coûte
cher. Il coûte cher à l'enfant en terme
de maladies et de souffrance qui, pour beaucoup, comme
les maladies allergiques vont grever de façon
globale son épanouissement et sa santé
à long terme (1) et pas seulement dans la petite
enfance" (extrait de l'étude).
| |
La facture pour la
famille(extrait de l'étude):
|
| Lait artificiel
et frais annexes |
"Economie
annuelle réelle par enfant allaité
5 550 - 910 = 4 640 F
II faut bien percevoir
l'importance pour une famille d'un(e) employé(e)
payé(e) au SMIC (4 650F net) ceci représente
près de 100% de son salaire mensuel soit
l'équivalent d'un treizième mois
de salaire." |
| Soins infantiles
et santé de la mère |
Prévention
des seules rhinopharyngites otites et diarrhées:
"L'économie globale étant
de 1 260 F par enfant par an soit 1,071 milliards
de francs environ pour 850 000 enfants."
"Au total, 5 348 F minimum d'économies
en évitant une hospitalisation"
grâce à l'allaitement maternel
|
Tel sont le début et un extrait de l'étude
que je souhaite vous présenter dans son intégralité,
avec l'aimable autorisation de son auteur, le Docteur
Bitoun, pédiatre à l'hôpital
Jean Verdier, à Bondy-France (93).
Le Docteur Bitoun est membre de la Société
Européenne pour le Soutien à l'Allaitement
Maternel (SESAM):
6 rue Jarente 75004 Paris.
Cette association s'adresse aux professionnels
de santé et organise, entre autres,
des formations pour les équipes de maternités,
dirigées par le pédiatre Pierre Bitoun,
expert consultant auprès de l'OMS/UNICEF,
et inspecteur international pour l'Initiative Hôpitaux
Amis des Bébés.
Parue dans les Dossiers de l'Obstétrique
n°216, d'avril 1994, qui se consacrait entre
autres sur Le marché du produit "substitut
du lait maternel", cette étude
établit sans complaisance combien une famille
avec un enfant pourrait économiser
en matière de panier de la ménagère
(pas besoin d'acheter de lait industriel, ni de
petits pots) et en matière de soins médicaux
(peu de maladies donc peu de dépenses médicales)
si l'enfant était allaité ne fut-ce
que la première année, avec six mois
de lait maternel exclusif.
Je vous laisse faire les calculs pour vos jumeaux,
voire triplés qui peuvent être allaités
au moins exclusivement pendant leurs six premiers
mois, et en majorité pendant les mois suivants.
Il suffit de multiplier la plupart des chiffres
par deux, voire trois, selon votre "coefficient
familial".
...
Dr Pierre Bitoun
Service de Pédiatrie Hôpital Jean Verdier
93143 Bondy
- 1.0 Economies pour la famille
/ la sécurité sociale
- 1.1 Economies liées au
coût des substituts de lait maternel
- 1.2 Economies liées à
la consommation de soins médicaux infantiles
- 1.2.1 Prévention des
rhinopharyngites otites et diarrhées (2,
3, 4)
- 1.2 .1.1 Economies de soins
médicaux externes (5)
- 1.2 .1.2 Economies liées
à la prévention des hospitalisations
- 1.3 Economies liées à
la contraception maternelle (6)
- 1.4 Economies liées à
la santé maternelle (7), (8), (9)
- 1.4.1 Economies d'utilisation
systématique du méthergin* et des
ocytociques(10)
- 1.4.2 Prévention de l'anémie
maternelle
- 2.0 Economies pour la société
- En conclusion
- Références
L'abandon de l'allaitement maternel par notre Société
coûte cher. Il coûte cher à l'enfant
en terme de maladies et de souffrance qui, pour beaucoup,
comme les maladies allergiques vont grever de façon
globale son épanouissement et sa santé
à long terme (1) et pas seulement dans la petite
enfance. Il coûte cher à la mère
qui désire allaiter et échoue (comme
50% des femmes qui décident d'allaiter). Cet
échec dans la première relation mère-enfant
n'est pas anodin ni gratuit.
Mais ce n'est pas là notre propos ; nous voulons
plutôt analyser ici les économies engendrées
par le choix de l'allaitement maternel pour la famille,
pour la Sécurité Sociale et pour la
Société. Cet aspect économique
de l'allaitement maternel n'est jamais discuté
et à notre connaissance n'a fait que très
rarement l'objet d'articles.
Si, comme nous allons essayer de le démontrer,
cet aspect économique est loin d'être
négligeable et mérite pour sûr
que l'on s'y intéresse ici, en France, il revêt
un caractère tout à fait vital dans
les pays du tiers monde dont les économies
sont fragiles et pour lesquels l'achat de lait artificiel
alourdit significativement la dette extérieure
déjà source de difficultés majeures
et de frais d'intérêts insupportables.
1.0 Economies pour la famille/la sécurité
sociale
1.1 Economies liées au coût des
substituts de lait maternel
Ce chapitre ne concerne que la famille.
Coût du lait
| 500 x 30 = |
15 L |
soit 500 mesurettes de 4.3 g
= |
2 150 g |
| 600 x 31 = |
18,6 L |
soit 620 mesurettes de 4.3 g
= |
2 660 g environ |
| 700 x 30 = |
21 L |
soit 700 mesurettes de 4.3 g
= |
3 010 g |
| 850 x 31 = |
26,3 L |
soit 876 mesurettes de 4.3 g
= |
3 767 g environ. |
| 850 x 30 = |
25,5 L |
soit 850 mesurettes de 5 g =
|
4 250 g environ |
| 800 x 31 = |
24,8 L |
soit 826 mesurettes de 5 g =
|
4 133 g environ |
| pour 6 à 12 mois : |
|
| 600 x 30 = |
18 L |
x 6 mois = |
18 000 g |
Total pour 1 an = 37 970 g de poudre de lait
soit 85 boites de 450 g.
Pour un prix d'achat variant de 27 à
70 francs soit une moyenne de 45 francs le coût
annuel est de 3 825 francs.
Ce calcul est très en deçà de
la réalité puis qu'il est basé
sur les besoins moyens du nourrisson et non pas sur
les quantités réellement préparées
par les parents dont l'enfant ne boit souvent que
70 à 80%.
Coût du matériel
12 biberons et tétines = 150F
stérilisateur et accessoires = 200F
Coût de l'eau
eau de boisson en bouteille 238 L à 2,5 F
= 595 F
eau de lavage en moyenne 6 fois 10 L par jour =
21 900 L soit par an 2,19 m3 à 60 F = 130
F environ
Coût de l'électricité
chauffage de 6 chauffe-biberon par jour de 1 000
watts pendant 1/2 heure = 3Kw x 365 jours soit 1095
Kw à 0,6 F = 650 F
Coût total annuel 3 825 +
150 + 200 +595 + 130 + 650 = 5 550 F
Pour parler en terme d'économies pour la famille
il convient de déduire le coût de l'allaitement
maternel c'est à dire les 500 Kcalories supplémentaires
que la mère doit consommer pour produire le
lait, évaluées à 2,5 F par jour
soit 910 F environ par an.
Economie annuelle réelle par enfant
allaité
5 550 - 910 = 4 640 F
II faut bien percevoir l'importance pour une famille
d'un(e) employé(e) payé(e) au SMIC
(4 650F net) ceci représente près
de 100% de son salaire mensuel soit l'équivalent
d'un treizième mois de salaire.
1.2
Economies liées à la consommation de
soins médicaux infantiles
1.2.1 Prévention des rhinopharyngites
otites et diarrhées (2, 3, 4)
Les otites sont le premier motif de consultation
de l'enfant de moins de 3 ans. Le rôle capital
de l'allaitement maternel est clairement établi
dans la prévention des infections respiratoires,
digestives et urinaires du nourrisson.
Cette prévention est désormais nettement
corrélée à l'exclusivité
et à la durée de l'allaitement maternel
de 0 à 6 mois. Il faut insister sur le fait
que l'allaitement exclusif jusqu'à 4 à
6 mois n'est absolument pas incompatible avec le
travail salarié à l'extérieur.
L'expression du lait maternel est un geste simple
et rapide.
En effet de nombreuses femmes le font en France
comme ailleurs sans difficulté à partir
du moment où elles en comprennent l'enjeu
pour la santé de leur enfant et la leur,
grâce à l'information fournie en prénatal
par les soignants.
1.2.1.1 Economies de soins médicaux
externes (5)
Si l'on considère que l'allaitement maternel
peut éviter au minimum 1 otite, 1 diarrhée
et 1,5 rhinopharyngites par an selon les données
de la littérature, pour le coût de
ces pathologies on obtient :
une otite = 240 F de frais médicaux (basé
sur 2 consultations 50% de soins infantiles assurés
par le généraliste à 100 F
et 50% par le spécialiste à 140 F)
et 120 F de frais pharmaceutiques soit 360 F et
un coût comparable pour une diarrhée
ou une rhinopharyngite.
L'économie globale étant de 1 260
F par enfant par an soit 1,071 milliards de francs
environ pour 850 000 enfants.
L'économie annuelle potentielle pour la
Sécurité Sociale de 706 millions de
Francs (remboursement à 70% de frais conventionnels).
Pour la famille, économie de 378 F (30%
de 1 260 F) sans tenir compte des frais médicaux
non conventionnels supportés par celle-ci
qui varient entre 0 et 50% selon les régions.
Il faut ajouter en moyenne au moins 3 x 2 = 6 jours
d'absentéisme à 230 F (SMIC net) =
1 280 F soit au total 1 280+378 = 1 658F par an
et par enfant.
Il faut insister sur le caractère très
bas de ces estimations par le fait que tous les
autres aspects prouvés de prévention
par l'allaitement maternel exclusif pendant 4 à
6 mois, tels que méningites, allergies cutanées
et respiratoires, infections urinaires n'ont pas
été pris en compte, pas plus que les
effets à long terme difficiles à chiffrer
tel que l'asthme allergique en particulier.
1.2.1.2 Economies liées à la
prévention des hospitalisations
Pour ce qui est des hospitalisations pédiatriques
si l'on considère que 2 % des 850 000 enfants
sont hospitalisés dans leur première
année pour une durée moyenne de 7
jours pour un coût moyen de 3 000 F par jour.
Et si l'on considère que l'allaitement maternel
peut éviter 20% de ces hospitalisations (chiffre
très bas : Lestradet cite le chiffre de 50%),
l'économie engendrée pour la Sécurité
Sociale sera de 21 000 F x 17 000 = 357 x 0,2 =
71,4 millions de Francs dont 80% est à la
charge de la Sécurité Sociale soit
57,12 millions.
La famille, elle, économisera 21 000 x 0,2
= 4 200 F plus le coût du forfait hospitalier
où 59 x 7 = 413 F plus 45 F de frais pharmaceutiques
(30% de 150 F) plus 3 jours d'absentéisme
minimum (3 x 230 F = 690 F pour un(e) salarié(e)
au SMIC). Au total, 5 348 F minimum d'économies
en évitant cette hospitalisation.
1.3 Economies liées à la contraception
maternelle (6)
Il est intéressant de noter que la méthode
de l'aménorrhée lactationnelle (valable
pour une femme qui est aménorrhéique
- pas de saignement après le 56ème
jour post-partum -, qui allaite exclusivement sans
compléments liquides ni solides et dont l'enfant
a moins de 6 mois) peut présenter une alternative
efficace (99,5% d'efficacité) et prouvée
sur le plan de la contraception.
En effet au delà du simple espacement des
naissances de nombreuses études ont montré
les propriétés anticonceptionnelles
de la lactation quand elle répond à
ces 3 critères précis.
Il ne s'agit pas là de retour en arrière
ni de remise en question du droit des femmes à
obtenir la contraception efficace qu'elles choisissent
mais plutôt de les informer de ces données
nouvelles. Cette méthode est-elle acceptable
chez nous? Son caractère simple et naturel,
peu coûteux et sa fiabilité font qu'elle
est acceptée dans de nombreux pays.
Si les femmes ou plutôt les couples choisissent
cette méthode contraceptive qui évite
tout bilan médical ou frais de consultation
de nombreuses économies peuvent être
engendrées.
Si l'on considère le coût de la contraception
pour 800 000 femmes annuellement dont seules deux
tiers d'entre elles utilisent la contraception (2/3
la pilule et 1/3 le stérilet) on obtient:
3 consultations à 120 F, un bilan biologique
à 250 F et une prescription médicamenteuse
de 50 F soit 660 F pour une femme sous pilule et
4 consultations à 120 F, 100 F de bilan biologique
et 200 F de prescription soit 780F pour une femme
sous stérilet. Au total, on obtient pour
350 000 femmes sous pilule une économie par
famille de 200 F environ ou 235 F pour les 175 000
femmes sous stérilet.
Pour la Sécurité Sociale les 70%
de remboursements afférents représentent
161,7 millions et 95,6 millions soit 257,3 millions
pour une demi-année de contraception.
Enfin il faudrait que cette méthode de contraception
n'interfère pas avec l'usage des préservatifs
masculins recommandé pour éviter les
maladies sexuellement transmissibles si la femme
ou l'homme ont des partenaires multiples.
1.4 Economies liées à la santé
maternelle
(7), (8), (9)
La prévention du cancer du sein par l'allaitement
maternel après avoir été longtemps
débattue est maintenant clairement établie
pour les femmes jeunes, en préménopause.
L'efficacité semble liée à
la durée de l'allaitement maternel ainsi
qu'au nombre d'enfants allaités. Le risque
relatif de cancer du sein est de 0.83, 0.77 et 0.53
pour 3, 6 et 9 mois d'allaitement, et de 0.86 par
bébé allaité. Pour 2 enfants
allaités 6 mois, ceci représente un
risque relatif cumulé de 0,43. Si l'on considère
que 3 millions de femmes sont concernées
par le cancer du sein (dont 25% frappent la femme
jeune) et que l'on peut éviter plus de 50%
des cancers, de grandes souffrances et aussi engendrer
des économies que nous n'avons pas la prétention
de vouloir chiffrer mais qui sont sûrement
de l'ordre de plusieurs milliards de frais médicaux
sans compter les frais d'absentéisme sur
le lieu de travail. A l'inverse le risque de cancer
du sein augmente avec chaque enfant nourri au lait
artificiel le risque relatif étant de 1,15
par enfant non allaité et donc de 1,74 pour
3 enfants non allaités.
Sur le plan de la santé maternelle dans
le post-partum immédiat un certain nombre
d'autres aspects importants sont à considérer:
1.4.1Economies d'utilisation systématique
du méthergin* et des ocytociques(10)
La mise au sein du nouveau-né dans les minutes
qui suivent la naissance pour les femmes qui désirent
allaiter est une prévention efficace des
hémorragies du post-partum et favorise la
délivrance placentaire par le biais de la
sécrétion d'ocytocine déclenchée
par la stimulation du mamelon. La systématisation
de cette pratique pour les nouveaux-nés sains
dans les accouchements non compliqués permettrait
de réduire en grande partie l'utilisation
de méthergin* systématique en suite
de couche ainsi que du syntocinon*.
Si l'on estime que 50% des femmes sont concernées
et que l'on évalue à 50 F le coût
par femme de méthergin* et de syntocinon*
l'économie potentielle d'une telle mesure
est de 20 Millions de Francs pour 400 000 accouchées
par an. Pour rester dans des estimations basses
nous n'avons pas inclu les économies de travail
infirmier.
1.4.2 Prévention de l'anémie
maternelle
Mis à part les saignements du post-partum
immédiat l'allaitement maternel diminue la
durée des saignements du premier mois du
post-partum et, de par l'aménorrhée
lactationnelle, évite la perte de sang et
donc la perte de fer maternel mensuelle. Un grand
nombre d'anémies maternelles, de consultations,
de bilans biologiques et de traitements médicamenteux
et d'arrêt de travail sont ainsi évités.
Si l'on considère que 20% des accouchées
sont concernées et que le coût global
en est 240 F de consultations, 300 F d'analyses
(x2) et 100 F de traitement on obtient un coût
de 640 F soit 192 F pour la famille et 76,2 millions
pour la Sécurité Sociale. Nous n'avons
pas pris en compte ici le retentissement sur la
diminution des arrêts maladies.
2.0 Economies pour la société
L'allaitement maternel est un "travail"
de femme et comme tout travail féminin il
est sous-estimé et sous-évalué.
II y a peu d'études qui ont tenté
de chiffrer sa valeur réelle. Ce "travail"
est même dévalué :
comment peut-on encore entendre en 1994 un personnel
soignant dire à une mère "sein
ou biberon c'est pareil" soi-disant pour ne
pas culpabiliser les mères!! Qui oserait
dire à une mère qui demande une information
pour prendre un exemple semblable "vacciné
ou pas, c'est pareil" pour le tétanos,
la polio etc..?
Comment chiffrer le bien-être d'une société
liée à la bonne santé de ses
enfants et de ses mères? En terme d'absentéisme
au travail?
En terme de meilleure performance de travail d'une
mère ou d'un père qui sait son petit
en bonne santé et n'est pas distrait(e) et
stressé(e) par les maladies répétées
et les hospitalisations? En terme de temps gagné
en déplacements médicaux et en soins
? Temps si précieux de ces parents débordés
que nous connaissons bien, investi au détriment
de quoi? Plus de temps pour l'enfant et pour son
éveil ou pour ses frères et soeurs,
plus de temps pour le couple? Nous ne tenterons
pas de chiffrer ces données-là mais
elles doivent aussi être prises en compte.
Plusieurs études ont montré la diminution
de l'absentéisme maternel pour maladie infantile
par l'allaitement maternel (11).
Enfin de nombreuses données (12) existent
sur l'impact macroéconomique de l'abandon
de l'allaitement maternel en terme de données
agricoles, forestières liées au déboisement
nécessaire à la création de
pâturages pour la production du lait de vache
et leur impact écologique en terme d'érosion
et autres. Elles sont aussi d'une importance capitale
mais nous craignons de nous éloigner trop
loin de notre propos qui est la santé de
la mère et de l'enfant. Aussi nous vous renvoyons
à ces auteurs pour de plus amples renseignements.
En conclusion
En ce qui concerne les économies
pour la famille il convient d'insister sur l'importance
étonnante de ces chiffres. Il semble
que l'abandon de l'allaitement maternel soit un
facteur important d'appauvrissement des familles
en grevant leur budget de manière très
significative par l'abandon d'une ressource naturelle
de grande valeur. Ceci est d'autant plus important
que de nombreuses études en France comme
ailleurs montrent que les femmes qui allaitent se
recrutent de plus en plus parmi les femmes dont
le niveau d'éducation (et celui de leur compagnon)
est plus élevé. Ce sont donc bien
les familles qui lisent le moins, dont le niveau
scolaire est le plus bas qui ne bénéficient
pas de l'information sur l'avantage de l'allaitement
maternel pour la santé de la mère
et de l'enfant qui sont encore leurrées par
le "modernisme" du biberon. Les professionnels
de santé ne sont pas toujours conscients
du rôle important qu'ils peuvent jouer dans
la circulation et la propagation de ces informations.
Le drame est que ce sont aussi les familles qui
abandonnent le plus massivement l'allaitement maternel
qui sont les plus frappées par la crise économique
et pour qui les frais engendrés par les frais
de lait artificiel, de soins médicaux et
de pharmacie deviendront très vite insupportables
et source de difficultés insurmontables.
Sur le plan macroéconomique et celui de la
Sécurité Sociale nous avons voulu
montrer ici la valeur économique de l'allaitement
maternel sous ses aspects majeurs de prévention
en nous limitant à quelques exemples concrets,
non controversés et faciles à chiffrer.
Cette étude est loin d'être complète
ou exhaustive.
Nous avons voulu éviter de parler des aspects
de prévention en terme de mortalité
infantile, difficiles à chiffrer au plan
économique.
Nous ne prétendrons pas fournir ici des
chiffres précis mais au moins des ordres
de grandeur qui nous l'espérons entraîneront
des réflexions et des prises en compte de
cet aspect économique de l'allaitement maternel
si longtemps passé sous silence. Toutes ces
données ont déjà été
prises en compte dans de nombreux pays (Suède,
Philipines, Etats-Unis d'Amérique, Nouvelle
Guinée...) dont les politiques de santé
reflètent la priorité de l'encouragement
et du soutien des mères allaitantes et qui
ont intégré dans leurs projets de
santé publique le caractère fondamental
au plan sanitaire et économique de la lactation.
On peut se poser la question de savoir pourquoi
ce sujet est si rarement abordé chez nous?
Les personnels médicaux n'aiment pas parler
d'argent? Ou plutôt ne s'y sentent pas compétents
en matière d'Economie de la Santé?
Y aurait-il d'autres enjeux économiques,
des pressions commerciales? Autant de questions
auxquelles il faudra bien un jour tenter de répondre.
Remerciements : Je tiens à
remercier les membres de la Société
Européenne pour le Soutien de l'Allaitement
Maternel : SESAM, 6 rue de Jarente 75004 PARIS pour
leur soutien dans ce projet de recherche.
Références
| 1
|
Burr ML, Limb ES,
McguireMJ et al. Infant feeding, wheezing and
allergy.. Arch Dis Child
1993; 68:724-728 |
| 2
|
Cunningham A S,
Jellife D B, Jellife E F P.
Breastfeeding and Health in the 1980's : a Global
Epidemiologic Review. Pediatrics
1991;118 (5):659-666. |
| 3
|
Ashraf RN, Jalil
F, Zaman S et al.
Breastfeeding and protection against neonatal
sepsis in a high risk population. Arch Dis Child
1991; 66:488-490 |
| 4
|
Victora CG, Smith
PG, Vaughan JP et al. Infant feeding and deaths
due to diarrhea. AM J Epidemiol
1991; 129(5):1032-1041 |
| 5
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Duncan B, EY J,
Holberg C et al. Exclusive Breast-Feeding for
at Least 4 Months Protects Against Otitis Media.
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1993;91(5):867-872. |
| 6
|
Perez A, Labbok
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Amenorrhea Method for Family Planning. Lancet
1992; 339:968-970 |
| 7
|
United Kingdom
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and the Risk of Breast Cancer in Young Women.
Brit Med J
1993;307:17-20 |
| 8
|
Newcomb PA, Storer
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Risk of Premenopausal Breast Cancer. N Engl
J Med
1994; 330(2):81-87 |
| 9
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Kelsey JM, John
EM. Lactation and the Risk of Breast Cancer.
N Engl J Med 1994;330(2)136-137 |
| 10
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Levine R. Guide
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Valeur Economique de l'Allaitement Maternel,
Nurture. Academy for Educationnal Developpment
1990 Washington D.C. |
| 11
|
Jones EG, Matheny
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Between Infant Feeding and Exclusion Rate From
Childcare Because of Illness. J Am Diet
Assoc, 1993;93:809-811 |
| 12
|
Wellstart International.
L'Allaitement au Sein et l'Environnement
1992;Washington D.C. |
|
LA FACTURE |
| |
Pour la famille
|
Pour la Sécurité
Sociale |
| 1.1 |
Lait artificiel |
3825F |
0 |
| |
Frais annexes |
1725 F |
0 |
| |
total (coût de l'allaitement
déduit 910 F) |
4640F |
0 |
| 1.211 |
Soins infantiles |
1 658 F |
706 Millions |
| 1.212 |
Hospitalisations |
5 348 F |
57.1 Millions |
| 1.3 |
Contraception |
210 F ? |
257 Millions ? |
| 1.4 |
Cancer du sein ? |
..?.. |
x ? Milliards |
| 1.41 |
Methergin/Ocytociques |
0 F |
20 Millions |
| 1.52 |
Anémie |
192 F |
76.2 Millions |
| |
Total (cancer du sein exclu)
|
12 048 F |
1.116 Milliards |
| |
en pourcentage du budget annuel
(salarié(e) au SMIC) |
21.6 % |
0.202 %
(maladie = 553 Milliards) |
| NB : seuls sont comptabilisés
les honoraires conventionnels ce qui implique
que les frais réellement déboursés
par les familles peuvent être supérieurs
de 20 à 50 % encore. |
|