Je m'en voudrais de culpabiliser les femmes
qui reprennent le travail, ce n'est pas mon intention,
j'espère ne blesser personne; toutes les femmes n'ont
pas le choix; d'autres font ce choix; c'est vraiment
le fait que les femmes subissent un court congé
maternité que je voudrais dénoncer,
absolument pas la reprise du travail elle-même;
c'est la précocité de la reprise du
travail que je dénonce, et c'est pour
que reprendre le travail ne rime plus forcément
avec sevrage total ni même partiel, que j'ai
créé cette rubrique;
Il me semble qu'il faudrait néanmoins être un peu
à l'écoute de nous même,
vivre notre maternalité comme nous l'entendons
est essentiel, c'est être femme et épanouie et libérée,
que de pouvoir vivre la maternalité que nous désirons.
Il faudrait être également à l'écoute de nos
bébés; la mère souffre de la séparation;
mais l'enfant... même s'il ne dit rien, il n'en
souffre pas moins;
les bébés naissent et vont avoir besoin d'un corps-à-corps
constant durant au moins les douze premiers mois de
leur vie; on l'oublie trop, pourtant les
ethnologues nous le rappellent, les primatologues
également; même si nous sommes "humains" nous ne devons
pas oublier qu'un bébé a besoin d'être au contact
corporel de sa mère, et de téter, pour se développer
au mieux.
Certes, cela contredit ce que disent les
magazines; mais qui a dit que les magazines
reflétaient les réels besoins des bébés,
ne mentiraient-il pas pour encourager la reprise du
travail précoce, pour aider la reprise du travail
précoce?
De nombreuses races, de nombreux pays, aident à
la maternalité.
Mais c'est en France qu'on dit:"laissez-les pleurer,
ça ne fait rien". Pourquoi dit-on ça? on en reparlera
ailleurs. Mais il faut savoir que plusieurs pays occidentaux
qui avaient pour politique une reprise du travail
précoce comme nous, sont carrément repartis
en arrière, se rendant compte que ce n'était
pas bon pour le développement psychique des
bébés, lesquels sont les ados et les
adultes de demain; ces pays ont donc prolongé
le congé maternité pour repousser la
séparation mère-enfant; la France n'a
pas agit de même, se targuant même d'être
à la pointe, alors que finalement, qui est
rétrograde? Savez-vous que l'association française
de pédiatrie a demandé maintes fois
à un congé maternité long qui
aurait entre autres permis un allaitement exclusif
de six mois? cela fut toujours refusé; si d'autres
pays occidentaux l'ont mis au point, pourquoi sommes-nous
à la traine??
Mais c'est normal qu'un enfant s'agrippe
à sa maman, qu'il veuille téter, il en a besoin pour
vivre, pour s'éveiller, pour s'épanouir;
nous reparlerons du portage, du comportement du bébé,
là on parle allaitement et boulot.
Deux cassures s'imposent pour la maman qui reprend
le travail, (qu'elle le souhaite ou qu'elle le doive):
- la cassure physique:
- laisser son bébé à quelqu'un d'autre, s'en
séparer,
- le bébé n'est pas au contact proche avec sa
mère, est-il porté par la nounou comme il le
serait avec sa mère? est-il partagé avec d'autres
enfants? même la plus attentionnée des nounous
ne remplacera pas la maman,
- la cassure morale:
- non la meilleure des nounous ne remplacera
pas la chaleur, l'odeur, le rythme cardiaque,
le balancement, de la mère,
- la cassure morale: que fait mon bébé? le voir"
grandir avec une autre.
attention, la maman souffre, mais aussi le bébé
souffre, même s'il passe ses journées dans des
bras aimants,
- Je souhaite néanmoins préciser un point: il y
a des nounous plus qu'impliquées dans leur travail,
des nounous porteuses, au point qu'une maman que
je conseille à l'heure où j'écris ces lignes, va
offrir à Nounou... un porte-bébé-câlllin
- l'autre cassure est lactée: "il faut" sevrer.
(enfin, "il faut", c'est-à-dire que tout le monde
sauf les personnes informées, tout le monde dit
mais à tort, qu'il faut sevrer).
C'est-à-dire que les moments forts de retrouvailles
mère-enfant sont ôtés à la mère,
ainsi que le droit élémentaire d'une
mère et de son enfant, mère qui n'est jamais informée
des conditions de travail qui lui sont un droit
total.
Quel employeur dit: mais madame, prenez
donc une heure par jour, faites venir votre bébé,
vous pouvez lui donner le sein à l'infirmerie?
Quel médecin dit: mais madame, pourquoi
sevrer, vous pouvez continuer à donner le sein;
et même en journée, si vous récoltez votre lait,
la nounou peut donner votre lait à votre enfant.
Personne ne parle des vertus de l'allaitement
et du travail; l'allaitement et le travail,
c'est une organisation, c'est du soutien, c'est
de l'information;
oui, mais: le matin, avant de partir au boulot,
c'est la tétée-câlin; le soir à la halte-garderie,
c'est la tétée dans le creux chaud et chaleureux
du manteau, le câlin avant de retourner à
la maison; ce sont des moments de fortes pensées
en journée.
Ce sont des enfants en meilleure santé
car l'allaitement maternel continue;
donc l'enfant protégé par les vertus médicales
du lait maternel n'est pas malade ou rarement,
et donc la mère qui continue d'allaiter est une
maman épanouie qui est une employée sans absentéisme.
Mais le meilleur ...: c'est une maman qui n'a
pas à vivre la déchirure, l'atroce sevrage, l'atroce
coupure lien lacté ET lien physique.
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