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CHIRURGIE MAMMAIRE et allaitement
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Salut Françoise,
Enfin.... de mes nouvelles... Juste avant de commencer, je relisais à
haute voix ton petit mot. Je répétais inlassablement la première
phrase en me demandant "quelle avait bien pu être ma motivation
à allaiter ? " Et ma fille de répondre : "parce-que
c'est naturel voyons !..." (sic) Je crois qu'elle est prête pour
la relève.
Alors oui c'est naturel, et dans ma famille nous sommes toutes pour l'allaitement
à commencer par ma grand-mère (qui a eu 12 enfants donc elle
sait de quoi elle parle) et ma mère qui en a eu trois. Donc la question
de l'allaitement pour ou contre ne s'est pas posée. Je vais faire un
petit retour en arrière et commencer par te raconter les grandes lignes
de "ma vie", ainsi tu comprendras peut-être mieux mes motivations
et pourquoi l'opération, le cheminement de cette dernière, l'évolution
de mon état d'esprit, et ceci répondra en même temps à
tes questions (enfin je l'espère).
J'ai toujours eu une poitrine volumineuse (95-D) et je rêvais déjà
de m'en faire enlever un p'tit bout. Mais ma mère, qui est
toujours de bons conseils, m'avait conseillé d'attendre ma première
grossesse au cas où ma poitrine changerait. Elle a d'ailleurs évolué...
mais en pire !
En 1990 je vivais en Espagne. J'étais enceinte et comme le service
médical ne m'a jamais inspiré, je me suis décidée
à revenir en France accoucher. La mise au sein a été
faite dans la minute qui a suivi l'accouchement. A. (ma fille) a eu du mal
à prendre le sein car j'avais les seins ombiliqués.
Quoiqu'étant pour l'allaitement maternel, le personnel de la maternité
m'a conseillé de passer au Bib. Je précise que c'était
dans le but de me faciliter la vie, à moi. Cependant, j'ai quand même
voulu tenter le coup. Ils m'ont donné des bouts de seins en silicone
qu'A. a tout de suite adopté. J'ai eu la chance d'être très
bien entourée. Les sages-femmes, ma famille m'ont aidé un maximum.
De retour à la maison, les petits soucis ont commencé : crevasses,
beaucoup de lait. Nous avons loué un tire-lait électrique pour
favoriser la cicatrisation. Et je suis repartie en Espagne, A. sur un bras,
le tire-lait sur l'autre et le mari derrière, en avion.
[ Je fais ici une parenthèse, le temps d'un café ou un thé,
pour te préciser que si je te donne autant de détails
(loc du tire-lait, seins ombiliqués, etc.) c'est qu'ils ont leur importance
pour la bonne compréhension de la suite.]
Au fil des jours, voire des heures, je me rendais compte que j'extrayais de
moins en moins de lait. Mon mari m'encourageait comme il le pouvait, mais
au bout d'une semaine, j'exprimais péniblement 30 ml (les 2 seins !),
moi comprimant mon sein dans un sens, le papa dans l'autre !!!!... Tu imagines
la scène et l'état des seins. Même si nous y allions doucement,
ça n'a pas dû arranger cet organe si fin. Bref, A. a
reçu le premier d'une longue série de Bib industriels.
Je ne voulais pas me faire opérer en Espagne par manque de confiance,
comme je l'ai dit plus haut, et aussi car la réduction mammaire n'est
pas prise en charge par la sécu. Donc j'ai attendu mon retour définitif
en France 7 ans après.
Ma "ptôse" et moi sommes allées au CHU de Marseille
pour cette opération qui s'est déroulée en 2 temps. Un
premier rendez-vous avec le professeur qui m'a demandé mes motivations.
Je lui ai montré ma magnifique poitrine, les mots étant devenus
superflus. C'est lui qui m'a demandé si je voulais allaiter par la
suite. Je n'envisageais pas alors une nouvelle grossesse, mais je ne voulais
pas passer à côté si l'occasion devait se représenter.
Il a programmé l'opération environ 9 mois après, afin
que ma décision ne soit pas prise sur un coup de tête.
L'opération s'est hyper bien déroulée. Je suis ressortie
métamorphosée, 2 tailles de soutif en moins, les seins n'étaient
plus attirés vers le bas, le pied quoi !
Deux ans plus tard, me voilà en cour de prépa à l'accouchement,
et mes premières inquiétudes quand la sage-femme me
demande si je pourrai allaiter suite à ma réduction ??!! je
ne savais pas qu'il existait 2 types de réduction, une permettant d'allaiter
l'autre pas)
Je n'ai pas voulu me prendre la tête plus que ça, donc j'ai positivé un max., me remémorant avoir dit "OUI" pour un futur allaitement.
J'ai préparé mes bouts de seins avec la "Niplette" que m'avait prescrit le professeur marseillais, jusqu'au 8ème mois. Après cela peut provoquer des contractions... et puis le 11/07/99 j'accouchais de mon "petit" (3kg950) E..
La mise au sein a été effectuée dans l'heure. Enzo a aussi eu du mal à prendre le bout des siens gonflés à bloc. J'ai redemandé des bouts de seins en silicone, mais je ne m'en suis pas servie, car trop fastidieux en fin de compte. Avec de la ténacité et de la persévérance, on arrive à tout.
Tout s'est à peu prés bien déroulé jusqu'à la 3ème semaine d'Enzo. Il a eu du muguet, donc moi aussi. J'ai essayé de continuer à allaiter mais je pleurais à chaque fois qu'il prenait le sein. Bonjour le bonheur d'allaiter !
J'ai donc loué un tire-lait électrique, et je me suis rendue compte à ce moment-là que je ne tirais que 60ml aux 2 seins. La CATASTROPHE !!! je me suis dit que c'en était fini de l'allaitement, et comme pour ma fille, je devais être programmée pour allaiter mes enfants qu'un mois. Et puis, coup de chance, la puéricultrice de la P.M.I. de mon quartier m'a téléphoné pour prendre de mes nouvelles. Je lui ai expliqué tout ça et elle m'a dit de persévérer, que c'était normal d'avoir une baisse de la lactation au bout de 3 semaines, 1 mois, et qu'il suffisait de quelques jours pour que tout rentre dans l'ordre. En attendant, et si cela pouvait me rassurer, je pouvais donner un peu de complément, histoire que mon petit bout d'chou ne meurt pas de faim !!!... C'est ce que j'ai fait pendant environ un mois. E. avait un Bib de lait industriel par jour.
Et puis une de mes cousines est venue nous rendre visite avec son
bébé de 3 mois (un mois de plus qu'Enzo). Elle allaitait encore,
et je trouvais cela merveilleux. Je lui ai posé pas mal de questions,
et le soir même je jetais la boit de lait en poudre à la poubelle.
Depuis 2 autres cousines ont accouché (et oui comme je te disais au
début, nous sommes une famille nombreuse, et comptons bien le rester,
un autre petit est en route pour juillet 2000) et je les encourage comme je
peux. C'est quand même difficile car nous habitons à 900 km l'une
de l'autre, mais quand nous nous voyons, on s'échange nos impressions
et notre expérience.
Je crois que pour réussir un bon allaitement, il faut être
entouré et mieux se préparer pendant la grossesse, c'est-à-dire
être mieux informé des joies et des difficultés de l'allaitement
par le corps médical. Y'a du boulot ! Pendant les cours de
prépa à l'accouchement, il devrait y avoir une séance
réservée aux mamans qui veulent allaiter. Je ne sais plus où
j'ai lu qu'un organisme style la LLL avait des marraines. Je trouve que c'est
un bon système d'entraide.
Voilà, voilà tu sais tout. Les gens que je rencontre maintenant
s'étonne que j'allaite encore. Ils me demandent : "mais tu vas
allaiter jusqu'à quand ?" J'ai l'impression d'être une bête
curieuse. Il n'y a que le médecin du travail (une femme) qui m'encourage
à fond car elle a allaité jusqu'au quatorzième mois de
son petit. Moi j'essaye de profiter un maximum des moments où j'ai
E. collé à mon sein. C'est vraiment géant de le voir
se régaler.
J'espère que tout ceci t'a aidé. ..
A Bientôt,
Une de vos amies souhaite nous rejoindre? elle peut envoyer un email à:
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