La grossesse gémellaire, et/ou multiple,
est une grossesse à risques, c'est une grossesse très médicalisée qui
va à un moment, nécessiter une surveillance accrue. Un suivi à domicile
par une sage-femme peut éviter une hospitalisation, ou au moins, la repousser.
La grossesse gémellaire, et/ou multiple, est une grossesse à risques,
c'est une grossesse très médicalisée. Est-elle surmédicalisée, c'est là
un autre sujet.
La future maman de deux enfants, ou plus
- voit planer sur elle l'ombre de l'hospitalisation. Or l'hospitalisation
n'est pas évidente à vivre:
- la future mère se trouve en chambre, isolée des siens (famille,
amis, ses enfants ainés aussi), le moral n'est pas toujours au beau
fixe, et quand bien même on a une véritable passion pour la lecture,
un tel alitement forcé risque de dégoûter des livres pour pas mal
de temps (idem j'imagine pour le tricot, la broderie etc.).
- Séparée de son milieu, de son "cocon", alors que justement, elle
aimerait bien finaliser les derniers détails pour l'arrivée des bébés,
la future mère s'inquiète de ce que la frise n'était pas collée à
son départ pour l'hôpital, de ce que le trousseau n'est pas finalisé
(si seulement les vêtements d'automne étaient en vente dès juin).
Et le papa, va-t-il assumer, va-t-il assurer sans elle?
- La future maman se retrouve esseulée, seule, coupée de toute information
"réelle" dans le sens qu'elle peut penser qu'on lui cache quelques
chose; la maison n'est pas prête, et les bébés vont bientôt arriver!
Cette séparation est déprimante car elle est frustrante.
Le futur papa, son compagnon,
- n'a d'autre solution que de faire beaucoup de route, pour aller
la voir tous les jours, cela coûte cher en temps, en carburant, en
santé, car d'incessantes allées et venues touchent au capital santé
du futur papa. Souvent d'ailleurs, la naissance est suivie d'une maladie
souvent bénigne, parfois plus grave, chez le papa: fatigue, souci
ont abaissé le système immunitaire, et le corps lutte moins efficacement
au premier virus qui passait par là. Sans compter qu'au règne des
plats surgelés, une petite bedaine naissante n'est pas loin de poindre
à l'horizon.....
- Le futur papa doit tout supporter sur ses épaules. Il reçoit aussi
les appels téléphoniques qu'on n'adresse pas à la future maman "mais
enfin, combien de temps?" "mais enfin, ça va aller?" "mais enfin,
tu vas la voir?"
- Il assume peut-être aussi les derniers préparatifs.
L'hospitalisation, elle, coûte très cher
à la société, et une maternité ne dispose pas non plus d'un nombre
de lits extensibles. Priorité donc aux cas extrêmes, aux urgences médicales,
et à l'éloignement. De plus, il arrive un moment, même quand la grossesse
se déroule parfaitement, où le gynécologue souhaite une surveillance
accrue, mais qui n'occasionne pas de transport (route).
Dans ce dernier cas donc, et quand une grossesse doit être surveillée
de près, mais qu'elle ne nécessite pas d'intervention permanente, une
surveillance hebdomadaire (par exemple) peut être mise en place: votre
gynécologue vous confie entre les mains d'une sage-femme; oui, mais
cette sage-femme, c'est souvent à vous de la choisir, car on n'habite
pas toujours (loin s'en faut) près de la maternité qui nous accueillera
le "grand jour".
Choix de la sage-femme: quelques critères personnels mais bien pensés:
- Choisissez une sage-femme qui ait l'habitude des suivis gemellaires
(quand il y en a pour deux, il y en a pour trois), et qui dispose d'un
appareil de monitorage. Toutes les sage-femmes n'en sont pas dotées.
- Elle doit se montrer disponible (accepter d'intervenir sans délai,
nuit, week-end....) et habiter près de votre domicile (afin de pouvoir
intervenir très rapidement).
- Autre critère technique: qu'il y ait transfert d'appel sur un téléphone
cellulaire par exemple pour une plus grande disponibilité. La présence
d'un répondeur est certes réconfortante, mais on n'est jamais sûr de
la fréquence de vérification des appels. Si par contre on tombe sur
un répondeur de téléphone cellulaire, on peut être assuré de la disponibilité
par téléphone.
- Quelles sont ses dates de vacances? Sa remplaçante sera-t-elle disponible
et compétente? Il ne suffit pas d'avoir une remplaçante, encore faut-il
que cette dernière accepte d'inclure votre suivi; il est normal qu'une
remplaçante privilégie ses propres patientes, mais une future maman
accepte mal de voir privilégier une préparation à l'accouchement alors
qu'elle a besoin d'un monitorage dans la journée.
Ma démarche a été en deux temps:
- Chercher plusieurs sages-femmes: je vous conseille carrément les Pages
Jaunes, rubrique Sages-Femmes. J'avais appelé mais sans succès la Sécurité
Sociale, ma mairie, et j'avais vite fini par comprendre qu'on n'est
jamais si bien servi que par soi-même et que parfois, il faut "faire
simple". Donc Pages Jaunes, puis j'ai regardé la proximité.
- Quelles villes proches de la mienne étaient honorées? Mon premier
choix établi, une ville proche de 4 kilomètres, j'appelle, tombe sur
un répondeur. La personne me rappelle dans les deux heures qui suivent
mon appel; elle assiste à un congrès de sage-femme dans le Sud-Est de
la France.
- Ce premier entretien téléphonique a été assez positif avec un bon
relationnel (voix douce entre autres), mais surtout: un téléphone cellulaire,
un répondeur téléphonique. Non, elle ne "fait" pas d'haptonomie (méthode
de préparation à la l'accouchement qui me plaisait fort), mais elle
"fait" du yoga. Elle insiste elle-même sur le fait qu'elle a un appareil
de monitorage, et de préciser: une disponibilité immédiate (5 km nous
séparent) nuit comme jour... Nous décidons que je la rappelle, pour
lui demander [éventuellement, selon mon choix], un premier rendez-vous.
Les critères définis au téléphone sont assez décisifs, à mes yeux,
aux yeux du futur papa. Et donc très rapidement la première visite a
lieu, à son cabinet; cela s'est déroulé de façon très positive: le cabinet
est plaisant, une bonne atmosphère, des coussins, dans un coin un peu
plus isolé, une table et des appareils d'examens, un bassin et une poupée
faisant office de "futur nouveau-né" pour des démonstrations, partout
sur les murs des posters anatomiques...
Du fait qu'il y ait eu, en plus de tout ce qui précède, un bon feeling
(très important), je suis restée sur ce choix là et je ne l'ai pas regretté.
Ce n'est pas elle qui m'a accouchée, sachez que ce ne sera vraisemblablement
pas votre sage-femme qui vous suit à domicile qui vous accouchera,
(selon l'hôpital auquel elle est rattachée). Vous serez pleine d'interrogations
quant à la salle de naissance, au personnel de la maternité, essayez de
poser des questions au personnel, lors d'une de vos visites mensuelles,
ne soyez ni déçus ni anxieux si vous n'obtenez pas de réponses. Les salles
de naissance sont en milieu protégé, et vous ne les visiterez pas, par
souci d'hygiène, justement. Mais n'est-ce pas un critère rassurant?
Françoise Coudray
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