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Une rencontre peu ordinaire...
Samedi 8 avril, l'ADJ+, Allaitement Des
Jumeaux et Plus, une association qui informe, conseille et soutient les
(futures) mamans qui souhaitent allaiter, mais non activiste, organise une
rencontre sortant de l'ordinaire: une dizaine de mamans, avec leurs bébés,
leurs aînés, et quelques papas.
Premier point commun, jusqu'à ce jour, ces mamans ne se connaissent
que par le biais d'Internet;
Second point commun: TOUTES allaitent: l'une, qui est à l'origine de
la rencontre, a allaité des jumeaux durant deux ans et allaite son bébé de
quatre mois; les autres mamans allaitent, qui un bébé, qui un bambin...
Mais plus que tout, certaines de ces mamans allaitent, TOUT EN
TRAVAILLANT. Temps pleins ou mi-temps, postes à hautes responsabilités ou
non, elles ont réussi à s'informer sur la reprise du travail et
l'allaitement, elles se retrouvent pour se soutenir, échanger des conseils,
elles ont fait le choix de continuer leur allaitement comme dans les pays
Nordiques par exemple, mais sans les dispositions des pays Nordiques.
Si leur choix entraîne beaucoup d'étonnement, et des remarques parfois
désobligeantes de la part des collègues, quand ce n'est pas de la part de
leur entourage, c'est l'endroit où récolter leur lait, sur leur lieu
de travail, qui pose le plus de soucis. La loi autorise à la mise en place
d'une pièce propre, mais le local se révèle souvent être les W.C. ou une
salle de réunion peu utilisée. La loi autorise à deux demi-périodes d'une
demi-heure par jour jusqu'aux douze mois de l'enfant, mais où les employeurs
autorisent à des pauses cigarettes hors locaux, ils rechignent souvent à
faciliter le droit de leurs employées. C'est un autre des soucis majeurs
rencontrés que trouver le "bon moment".
En effet, la maman qui choisit d'allaiter tout en travaillant doit également
choisir son nouveau mode d'allaitement:
cela peut être: continuer l'allaitement exclusif idéal, qui consiste à
donner le sein tout le temps passé à la maison, et exprimer leur lait sur
le lieu de travail; le lait réfrigéré, sera donné le lendemain ou
surlendemain en leur absence;
voire elles peuvent (ou doivent) exprimer leur lait le soir pour qu'il
soit donné le lendemain, si elles ne peuvent le récolter au travail.
Parfois, la maman est obligée de sacrifier, et de totalement modifier l'allaitement,
et d'alterner une alimentation diversifiée ou de type industriel avec son
allaitement.
Ce qui n'est rien à côté de la maman qui sacrifie totalement par manque
d'informations, de soutien, et sèvre la mort dans l'âme.
Enfin, le dernier souci majeur rencontré par la maman qui allaite et
travaille, c'est le don du lait à l'enfant, dans les crèches par
exemple; il n'est pas rare que les personnels des crèches (ou équivalent)
rechignent à donner le lait maternel par manque d'information ou d'intérêt;
gâchent des quantités en ne tenant pas compte des délais de conservation du
lait maternel (très supérieurs à la conservation du lait industriel);
refusent d'écouter les prescriptions maternelles, en donnant le lait à la
tasse, pour éviter la dite confusion sein/tétine induite par la tétine du
biberon.
Pourtant, l'allaitement exclusif, prolongé est un idéal de santé; c'est aussi
un idéal de maternage. L'OMS donne les critères suivants: allaitement
exclusif durant les 6 premiers mois, puis prolongé jusqu'aux deux ans de
l'enfant; l'information de ce point de vue, est inexistente en France; Le
code du travail et ses articles sont occultés.
La France a un long chemin à parcourir pour envisager de se rapprocher du
modèle Norvégien par exemple, à savoir congé maternité prolongé et payé,
reprise du travail avec heure(s) d'allaitement rémunérée et aménagements,
création de crèches sur les lieux de travail, facilités pour les femmes chef
d'entreprise, artisan, professions libérales ou autres métiers aux
protections sociales limitées; congé paternel où le papa s'occupe de
l'enfant, et l'emmène sur le lieu de travail de la maman pour une tétée etc.
Les objectifs de l'ADJ+ sont d'attirer l'attention sur les droits de la
femme et de l'enfant; non de dire "allaitez" mais informer des
ressources et moyens, et stimuler un changement dans l'esprit de la société
et la législation nationale:
- l'allaitement est un droit; l'allaitement ET
le travail sont un droit.
- des informations doivent être fournies aux
(futures) mères, professionnels de la santé et employeurs, pour
permettre à celles qui le souhaitent, d'allaiter, et de reprendre le
travail sans sacrifier à leur allaitement;
- un respect mutuel de chaque femme, de chacune
de ses décisions, cesser la culpabilisation de celles qui allaitent,
continuent d'allaiter, travaillent, restent à la maison, de celles qui
n'allaitent pas, qui n'allaitent plus, travaillent, restent à la maison.
- stimuler un changement dans l'esprit du grand
public de façon à ce que ce droit soit respecté, protégé et facilité au
niveau de la famille, de la société et du gouvernement, dans chaque
pays.
Rendez-vous samedi 8 avril à 14h à l'embarcadère des Bateaux-Mouches, Pont de
l'Alma,
départ du bateau à 14h30.
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