ALLAITER... AILLEURS
une maman nous parle de sa vie en Colombie
Bonjour,
Je suis tombée par hasard sur votre site; j'avais
cherché des infos sur l'allaitement de jumeaux
en 2003 lorsqu'allaient naitre mes jumeaux, mais sans
succès et à l'association d'allaitement
de ma ville, j'en savais plus que l'animatrice...
Je vous joins un témoignage d'allaitement ailleurs
en Colombie.
si ca peut apporter quelque chose tant mieux!
Je suis française, et j'ai vecu quelques années
dans le pays de mon mari en Colombie.
Ma fille Anais y est née en 1998.
Là-bas, la question de l'allaitement ne se
pose même pas, elle est évidente!
Je crois que le taux d'allaitement est de plus de
95%, selon ma pédiatre. Pour des raisons basiquement
économiques, le lait artificiel étant
hors de prix, puis hygiéniques (dans les campagnes,
la qualité de l'eau est plus que douteuse même
bouillie) et aussi évidemment culturelles.
J'ai été suivie toute la grossesse en
thérapie par une psychiatre car je n'avais
pas de lien avec le bébé, reste de relations
compliquées et peu harmonieuses avec ma mère.
Grâce à elle, un lien s'est créé
petit à petit.
Je ne savais pas si je voulais vraiment allaiter mais
je m'étais dit que j'essayerais, qu'on verrait
bien sur place....
Suite à un risque de préclampsie, j'ai
accouchée par césarienne d'Anais à
38 semaines, apèrs avoir passé une journée
hospitalisée à dilater "pour rien".
Pendant la césarienne, après avoir extrait
ma fille, l'équipe médicale a décidé
de m'endormir car je réagissais mal psychologiquement
(pleurs, tremblements....). J'ai donc vue ma fille
5 secondes en détournant la tête car
je n'acceptais pas le moment et .. trou noir...
Et à mon retour en chambre après être
passée en salle de réveil, à
peine mon lit a-t-il été replacé
dans la chambre qu'une infirmière est venue
me placer Anais sur le buste et j'ai à peine
eu le temps de réaliser, que cette toute petite
chose chaude m'avait aggripée un sein et me
tétait avidemment (puisqu'elle attendait depuis
un certain temps qu'on remonte maman).
Un peu surprise, et franchement réveillée
par la douleur des premières succions, j'ai
demandé s'il n'y avait pas de biberons et l'infirmière
m'a rit au nez, en me disant que non, que pourquoi
faire, que les bébés tétaient
les seins de la maman....
J'ai donc regardé ma fille un peu plus attentivement
et j'ai craqué en la regardant enfin avec tendresse
et j'ai commencé à ressentir du plaisir
dans ses succions un peu douloureuses de la première
tétée.
Puis nous sommes rentrés à la maison
48 heures après (en colombie, en clinique,
on vous garde 12h à 24h pour un accouchement
par voie basse et 48h pour une césarienne....)
et Anais a vécu et dormi dans son couffin lui
même placé dans mon lit pour des raisons
pratiques pendant 15 jours.
Je l'ai allaitée à temps complet pendant
4 mois puis 2 mois aditionnels en tétées
du matin et du soir avant d'aller travailler. Dans
ma division nous avions un petit frigo; je tirais
mon lait à 10h et 16h assise dans un débarras,
sous la garde bienveillante de l'occupant du bureau
où donnait le débarras. Et je congelais
le lait pour que ma nounou lui donne le lait maternel
en mon absence.
Petite anecdote: pendant ces 2 mois, je me suis faite
agressée en 2 opportunités par des chiens
de rues lorsque je transportais mon lait en poche
thermo car il semblerait que je sentais le lait et
la chair fraîche de bébé, auquel
ces animaux affamés étaient sensibles.
Allaiter et travailler est donc tout à fait
compatible, avec un peu d'organisation pour tirer
le lait, le conserver et le transporter. Mais quelle
maman n'est pas un peu organisée ?....
Pour moi l'allaitement a été fondamental
dans ma relation avec ma fille. En effet, je ne vis
pas bien mes grossesses pour diverses raisons perso
(mal être physique, psychologiques...) ; en
revanche pour moi la maternité passe par l'allaitement
et j'adore allaiter. Lorsque l'enfant succionne le
lait et qu'on le ressent dans le sein et tout le haut
du corps, je sens que je lui donne la vie, que je
lui influe mon énergie et ma force.
A toutes les mamans, profitez-en, l'allaitement ne
dure que quelques mois et ils sont merveilleux (même
à 3 heures du matin et qu'on se doit se lever
pour aller travailler à 7h...). Que représentent
quelques mois dans la vie d'une femme ? Et si on ne
peut pas dédier ces 2 ou 3 mois (où
l'on est souvent en congé maternité
- fait pour cela...) à son enfant, je trouve
ca dommage.
Voilà
A bientôt
Géraldine
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