Anciens éditos:
12:donner
le sein est un geste préservateur de l'eau
11.Danone, Nestlé (ou les autres),
de quois'interroger... sur leur incohérence
10. Ca y est! Pâques est passé ..course
à la perte de poids
09.Série urgence et l'allaitement des
jumeaux de Hattaway "faites-moi confiance"
08- Saurons-nous à nouveau, un jour, allaiter? -
07.sevrage induit par la publicité
06. Les maternités ont-elles encore
un peu d'humanité-
05.Législation mais vide juridique Le décret 98688 (applicable le 08.02.99) et les tours de lait,
ET Quelques réactions en suite:
03.Diversification - article FC le surcoût alimentaire
02. Allaiter moins d'un 1 mois-pourquoi arrêter d'allaiter aux un mois de
Bébé? .. Voici le 1er volet
de mes conclusions |
J'ai récemment (décembre 1999) été
contactée sans le souhaiter, par un fabricant de lait en poudre qui me demanda
quel jour j'allais sevrer mon enfant-Florian. Quand je répondis:
mais pourquoi sevrer, on me répondit que la moyenne en France
était d'allaiter un mois-pourquoi j'allaiterais plus longtemps?
Je me suis penchée sur la question.... Voici quelques pistes
... et conclusions:
Le
fait est que la femme, même quand elle souhaite allaiter, n'est pas
encouragée, n'est pas soutenue, n'est pas aidée (ou très
peu et à court terme, puisque la femme n'allaite qu'un mois grand maximum),
elle ne l'est ni
par l'entourage, ni par les professionnels de la santé, ni par la presse
ou littérature, fut-elle de puériculture générale,
d'où l'existence d'associations de soutien à l'allaitement maternel comme ADJ+ et
la nécessité de faire le point et montrer qu'il existe des
solutions.
Nous autres jeunes femmes avons un large problème qui est le fossé
des générations:
nous sommes peu nombreuses
à avoir été allaitées, car il y a une génération,
des fabricants ont créé un lait qu'ils ont appelé "maternisé"
ou "humanisé", qu'ils ont présenté comme
étant meilleur que le lait maternel, et donc "nos mères"
n'ont pas donné le sein, non qu'elles ne veuillent pas, mais on leur
a présenté un produit "tellement mieux". En fait,
le nom de ce lait a finalement été interdit, car le lait lui-même
n'a pas toutes les vertus du lait maternel, ne lui est absolument pas supérieur,
et a induit en erreur toute une génération; mais le mal était
fait, les fabricants ont modifié l'appellation de leur produit, mais
ont conservé leur avantage, aujourd'hui encore;
Le fait en est que nous
sommes seules, n'avons pas l'exemple d'allaitement de nos mères,
et que nos grands-mères, et bien hélas, une partie d'entre
nous n'en a plus. Ou bien elles ont elles-même vécu le phénomène
susmentionné du lait artificiel "supérieur".
Un fossé des
générations, donc, qui ne peut nous aider à vivre notre
allaitement, et à le faire continuer.
Les praticiens eux-mêmes avouent:
Ils ne sont pas formés
pendant leurs études, n'ont en conséquence que peu de connaissances
en allaitement maternel s'ils ne s'y sont pas formés d'eux-mêmes;
quand quelque chose ne va pas chez l'enfant et qu'ils ne peuvent "doser
le lait maternel", ils se sentent pris au dépourvu (alors que
par méconnaissance,ils oublient quelques indicateurs qui écartent
la mise en cause éventuelle du "lait maternel" et donc
bien sûr de chercher une autre piste);
quelques indicateurs: 7 couches de pipi par jour; 2-3 couches de caca par jour [remplies copieusement];
une prise de poids régulière, sans pour autant suivre les
courbes;
savoir qu'un enfant à la naissance peut perdre jusqu'à 10%
de son poids, et mettre trois semaines pour le reprendre;
un air épanoui;
mais aussi savoir
que le lait s'adapte aux besoins de l'enfant, que l'enfant ne pleure pas
de faim, mais aussi de câlin-sein, le sein n'est pas que alimentaire,
que l'introduction de complément ou mixte est néfaste.
On sait également
un tas de choses sur les méfaits du mixte, du complément,
sur les méfaits de la diversification précoce (risques d'allergie,
problèmes digestifs), mais sans agir en connaissance de cause;
D'aucun disent également
qu'ils seraient partie liée avec les fabricants de lait industriel
La presse généraliste
n'est pas un support pour réussir à allaiter,
d'une part, ni à
allaiter longtemps d'autre part.
Qu'elles sont peu nombreuses,
qu'elles sont maigres les pages des magazines de puériculture, quand
un article est consacré à l'allaitement; et qu'ils sont nombreux,
les "conseils" qui contiennent des erreurs pour un bon allaitement;
ces conseils sont souvent erronés, et chaque fois décourageants,
enfin ils aboutissent tous au paragraphe du sevrage.
Certains de ces articles
semblent parler de la femme qui a eu le courage de passer le cap des difficultés,
qui a résolu le problème des crevasses, qui a survécu
aux nuits.....
mais enfin, qui a encore
envie d'allaiter, ou de continuer à allaiter???
Or les mamans suivent ces indications écrites dans des magazines
qui apparaissent de bonne foi;
Il y a les sites généralistes
qui sont dans la même optique que la presse généraliste
,
avec un "expert"
qui vous répond
de ne pas arrêter
pas l'allaitement maternel qui est très utile pour le développement
et la protection de votre enfant (notamment immunitaire).
SAUF SI:
"Si votre enfant ne suit pas cette courbe, donnez des biberons de
complément afin de réaliser un régime mixte. En fonction
de votre cas, votre médecin vous conseillera le type de lait nécessaire
et les quantités utiles."
On conclut aussi trop
souvent sur le fait que le lait maternel est pour les enfants petits, faibles,
mais que s'ils vont bien, ils n'ont pas besoin de lait maternel....
Honte à
l'"expert", qui induit à lui seul le mixte et le
sevrage; les enfants suivent-ils tous une courbe unique, alors que chaque
enfant est le produit de deux personnes avant tout, qu'il a un code génétique
qui le prédispose à prendre 20g plutôt que 25?
Honte à cet "expert",
qui ne veut pas dire qu'un enfant, il suffit de regarder son air épanoui,
le contenu de ses couches (7 couches de pipi, au moins 2 ou 3 selles par
jour) pour savoir qu'il n'est pas besoin de suivre la courbe....
Alors nous autres, associations,
semblons parfois outrepasser les actions du personnel hospitalier, (en grande
majorité peu formé ou peu disponible ou peu disposé
à aider la femme qui allaite), nous contredisons les prescriptions,
et en savons "plus" que belle-maman qui pourtant, n'a jamais allaité.
La tâche est rude, car les mères, les futures mères hésitent à
nous contacter; elles font une confiance aveugle à ces (cyber)gens,
à ces (cyber)magazines qui tendent les biberons de lait industriel
à la moindre occasion (l'enfant n'a pas pris ses grammes réglementaires,
l'enfant réclame à téter alors qu'il quitte juste le
sein);
Le fait est que
le taux d'allaitement a augmenté ces dernières années
de quelques points; MAIS les femmes donnent sein et biberon de lait
industriel en alternance. Ce mixte, n'a pour effet que d'entraîner
le sevrage rapide de l'enfant, car les seins n'étant pas tétés,
ne sont pas stimulés à hauteur de la faim de l'enfant,
et donc la tétée suivante, ils ne sécrètent
pas assez de lait; de là la mère pensant que son enfant
a faim, finit par introduire des biberons supplémentaires, pensant
à raison qu'elle n'a pas assez de lait, et à tort, car
il lui suffirait de supprimer le lait industriel pour retrouver une
sécrétion lactée largement suffisante pour pourvoir
à son enfant, et même à celui d'une autre mère....
Ce mixte entraîne donc un sevrage rapide. |
Seule dans l'arène:
Un autre élément
qui entraîne l'abandon de l'allaitement, c'est de rentrer chez soi
et de se retrouver seule avec l'enfant qui demande à téter,
le mari qui part travailler, qui rentre et se dit l'unique fatigué
de la famille; et là, le bat blesse, car nos mères n'ayant
pas allaité pour la plupart, elles ne sont pas là pour nous
dire comment faire, comment réagir; nos soeurs, nos belle-soeurs
non plus; nos voisines non plus. Et là le découragement fait
qu'on demande un coupe-lait, qu'on sèvre..... ou bien qu'on se retrouve
dans le schéma destructeur du complément (biberon qui suit
la tétée au sein) ou du mixte;
l'un dans l'autre,
à la fin du mois la lactation est tarie.
Le
dernier élément, que j'ai volontairement gardé pour la
fin, n'est pas des moindres... c'est tout bonnement la reprise du travail;
Que la femme souhaite
reprendre son travail pour le travail, pour des raisons financières,
parce qu'elle ne souhaite pas rester à la maison, parce qu'on menace
de saboter son plan de carrière, parce qu'elle ne supporte pas de
devoir rester à la maison, quelle que soit sa raison,
la mère reprend
son travail et 15 jours avant, commence le sevrage. STOP, HALTE AU MASSACRE.
Déjà, messieurs les praticiens arrêtez de grâce
de faire commencer ce sevrage aussi tôt;
Ensuite, messieurs les
rédacteurs de (cyber)magazines, arrêtez de culpabiliser la
femme qui n'a pas encore: repris la pilule au lendemain de ses relevailles,
vécu dix orgasmes à 21 jours post-partum, perdu ses kilos,
musclé son périné, bu ses litres d'eau bonne pour la
maman et pour le nourrisson (dans un biberon pour le nourrisson).. laissez-nous
vivre notre après-accouchement tranquillement! pourquoi se lancer
dans la course effrénée de la "remise en forme"
(qui n'est pas une remise en forme saine, car trop rapide, trop effrénée,
trop artificielle).
Enfin,
pourquoi sevrer?
Alors que les femmes pourraient
modifier leur allaitement
Alors que les employeurs
pourraient faire connaître la loi qui consiste à accorder à
chaque mère une heure par jour jusqu'aux douze mois de l'enfant
Alors que les pouvoirs
publics, les organismes de santé, les magazines, pourraient diffuser
cette loi;
Des
renseignements y compris le Code du Travail, et des conseils techniques
à ce sujet....
Alors que le gouvernement
pourrait prolonger le congé maternité au choix de la mère:
classique ou long de 6 mois, permettant ainsi à la mère de s'occuper
de son enfant; avec une telle loi, l'employeur ne pourrait reléguer
la mère au placard, elle disposerait des mêmes protections qu'avec
la durée réduite....
Informer les mères qu'elles peuvent
allaiter tout en reprenant le travail est également primordial;
que la mère prenne son heure au déjeuner, ou des demi-heures,
aller exprimer son lait dans une pièce au calme ne représente
pas beaucoup plus de temps pour la mère et l'employeur, qu'aller
hors du bureau pour faire la pause cigarette.
Ce n'est pas facile, mais c'est faisable!
Voilà pourquoi les mères arrêtent d'allaiter
en France quand leur enfant a un mois. HELAS.
Il y a toujours quelque chose à faire: en se regroupant, pour
rédiger une pétition destinée à demander
une augmentation du congé maternité, les femmes pourront
obtenir quelque chose, car ce sera demandé par les femmes elles-mêmes!
Un rêve, une utopie? on verra bien. Est-ce que cela vous tente,
que vous soyiez concernée, et même si cela ne vous concerne
plus? |
Il est à noter que ce type d'appel téléphonique
(en tête de chapitre), fait partie d'une vaste campagne commerciale:
ce fabricant de lait industriel contacte des femmes enceintes, ou venant d'accoucher,
et même si on précise qu'on allaite, très vite la conversation
roule sur le sevrage, le lait industriel... certaines mamans ou futures mamans
ont été contactées, tout comme moi, et sans le souhaiter
également; sachez que c'est illégal.
L'appel est illégal, et
même si on dit à la maman qui allaite qu'elle "a fait un
très bon choix", le fait de faire rouler si vite la conversation
sur le sevrage, le lait industriel, est "encore plus illégal".
Le numéro azur mis à disposition des mamans est une bonne idée,
pour les mamans qui ont choisi de ne pas allaiter; c'est même très
bien (pour autant qu'on ne pousse pas à la consommation genre achats
de farine, céréales etc. trop précocément); mais
ce numéro azur pour les femmes qui allaitent... vous poussera au sevrage.
"Votre enfant a des régurgitations au lait
maternel? ce n'est pas grave, cela arrive à certains bébés,
il faut en parler au pédiatre, mais cela passera; il faudra cependant
penser à mettre un épaississant quand
vous donnerez le biberon"
Pour revenir à l'illégalité de l'appel
téléphonique, certaines des mamans contactées ont eu
l'intention d'envoyer des courriers de protestation; Je l'ai fait de manière
associative. J'ai porté l'affaire devant la Répression des
fraudes; mes coordonnées avaient été récupérées
lorsque je m'étais inscrite pour la fameuse valise maternité
(vente de nos coordonnées), et les appels au domicile des futures mères
venaient de cesser.
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